Les membres de la mission politique de l’Internationale de l’éducation (IE) en Haïti, à laquelle participent Daniel B. Lafrenière, secrétaire et trésorier de la CSQ et le vice-président de la FEC-CSQ, Pierre Girouard, ont rencontré officiellement le ministre de l’Éducation nationale, monsieur Vanneur Pierre.

Port-au-Prince, le 17 janvier 2013. – Les membres de la Mission politique de l’Internationale de l’éducation (IE) en Haïti, à laquelle participent Daniel B. Lafrenière, secrétaire et trésorier de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et le vice-président de la Fédération des enseignantes et enseignants de CÉGEP (FEC-CSQ), Pierre Girouard, ont rencontré officiellement le ministre de l’Éducation nationale, monsieur Vanneur Pierre, afin d’appuyer la Campagne pour une éducation publique de qualité pour toutes et pour tous, campagne mise en œuvre conjointement par la Confédération nationale des éducatrices et éducateurs d’Haïti (CNEH) et quatre autres grandes organisations syndicales d’enseignantes et enseignants haïtiens.
Comme l’a souligné la Secrétaire générale adjointe de l’IE, Haldis Holst, les membres de la délégation internationale sont venus de l’Amérique latine, d’Europe, des États-Unis, du Canada, du Québec et des Caraïbes afin de rappeler aux dirigeants haïtiens leur obligation de faire de l’éducation leur grande priorité, car la reconstruction et le développement d’Haïti ne pourront se faire que sur la base d’une éducation de qualité accessible à toutes et à tous.
Pour l’IE, cela passe nécessairement par une formation des maîtres adéquate et un programme de recrutement efficace, par la reconnaissance de leurs pleins droits syndicaux pour les enseignants et par la mise en place d’un comité de vigilance multipartite chargé de surveiller la mise en œuvre du Plan opérationnel 2010-2015 du gouvernement haïtien, plan dont la réalisation est évaluée à plus de quatre milliards de dollars américains.
Dans son allocution en présence du ministre, la Secrétaire générale de la CNEH, Lourdes Édith Joseph Delouis, a déclaré : « Cet appui de l’IE à notre Campagne pour une éducation publique de qualité pour toutes et pour tous s’avère un point tournant dans la poursuite de nos efforts afin que le système d’éducation en Haïti cesse d’être très majoritairement un système privé et devienne un système public financé par l’État et accessible au plus grand nombre. »
Prenant la parole au nom des représentants des syndicats du Québec, Daniel B. Lafrenière, membre du Conseil exécutif de la CSQ, a pour sa part réitéré auprès du ministre de l’Éducation l’importance de l’éducation publique en Haïti, d’une formation adéquate et accessible pour le personnel enseignant, de droits syndicaux incluant la négociation collective, la syndicalisation en plus de la participation des syndicats enseignants à ce grand projet collectif.
Le ministre de l’Éducation nationale, qui avait d’ailleurs lui-même participé activement à la rédaction du Plan organisationnel, après avoir répondu cordialement aux questions des membres de la mission, a conclu : « Pour mon gouvernement, les syndicats sont des partenaires à part entière qui doivent être forts et structurés. Il me fait plaisir de travailler avec eux. Ensemble, on va faire la route. On va travailler avec tout le monde afin de doter Haïti d’un système d’éducation qui soit véritablement national. »
La CSQ et la FEC se sont toutefois montrées fort préoccupées par l’absence de volonté politique du gouvernement haïtien de créer un véritable système d’éducation publique en Haïti, seule garantie, selon elles, de réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement en matière éducative, notamment d’offrir une éducation de qualité pour tous les enfants. Rappelons à cette fin que 85% de l’éducation en Haïti est dispensée par le secteur privé et que des centaines de milliers d’enfants en demeurent privés faute de moyens financiers des parents. Haïti demeure en effet le pays le plus pauvre de l’hémisphère nord et le séisme de 2010 n’a fait qu’aggraver la situation. Dans ce contexte, la FEC et la CSQ interpellent également le gouvernement Harper, en le mettant en garde contre toute réduction de l’aide internationale à Haïti, ce qui aurait des conséquences dramatiques pour la majorité de la population haïtienne.
En préparation à cette rencontre historique, les membres de la délégation de l’IE ont rencontré le Bureau exécutif de la CNEH ainsi que les délégations de ses 13 fédérations affiliées. Tenue en matinée, cette réunion a non seulement permis aux quelque 50 personnes participantes d’échanger abondamment au sujet des principaux points sur lesquels les porte-parole de l’IE ont insisté lors de leur rencontre avec le ministre, mais elle a surtout donné l’occasion à la FEC et à la CNEH de renforcer les liens qui les unissent depuis la signature, en novembre 2007, de leur Protocole de jumelage, et à la CSQ de réaffirmer sa collaboration historique avec ce syndicat depuis plus de 25 années.
Profil de la CSQ
La CSQ représente près de 200 000 membres, dont près de 130 000 font partie du personnel de l’éducation. Elle est l’organisation syndicale la plus importante en éducation au Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.