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L’avantage syndical

2 février 2024

Est-ce que les gains réalisés par le Front commun inciteront les travailleuses et les travailleurs du secteur privé à se syndiquer et à se mobiliser? C’est la question que pose Guillaume Tremblay-Boily, chercheur associé à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) dans son récent billet sur les bienfaits du syndicalisme.

Le chercheur affirme, sans le moindre doute, que « le syndicalisme profite à tous et toutes ». Il précise que la rémunération des personnes syndiquées est la plupart du temps supérieure à celle des non syndiquées, sans compter que « la syndicalisation exerce une pression à la hausse sur les salaires des personnes qui ne sont pas syndiquées ».

Dans le secteur privé, la peur des employeurs de voir leur personnel se syndiquer les pousse à faire des concessions salariales. « Quel que soit le secteur, la nécessité d’attirer et de conserver la main-d’œuvre [les] incite à offrir […] des salaires plus élevés pour rester compétitifs par rapport aux postes syndiqués », selon Guillaume Tremblay-Boily. Il ajoute que c’est bien ce phénomène qui aurait permis aux fronts communs du secteur public des années 1970 de tirer le secteur privé vers l’avant.

Le syndicalisme pour contrer les inégalités

Au fil des décennies, les syndicats québécois « ont aussi contribué à des avancées sociales majeures pour l’amélioration de la situation des femmes. Ils ont joué un rôle actif dans la promotion de services de garde publics et de l’équité salariale », écrit le chercheur. Pensons au congé de maternité de 15 semaines que les employées du secteur public ont obtenu grâce à la mobilisation, en front commun de 1975-1976. Ce gain avait également ouvert la voie au congé de maternité de 18 semaines pour toutes les femmes, adopté par le gouvernement Lévesque en 1979.

Un intermédiaire entre la vie privée et l’espace public

Aux États-Unis, dans les États où la densité syndicale est plus élevée, les travailleuses et les travailleurs « ont un salaire minimum plus élevé, des revenus plus élevés, un meilleur accès à l’assurance-maladie et plus de congés de maladie » et « moins de restrictions au droit de vote », explique Guillaume Tremblay-Boily, qui cite une étude américaine ayant recensé les avantages du syndicalisme selon la recherche scientifique.

En plus de contribuer au filet social, le syndicalisme favoriserait aussi la vitalité démocratique de nos sociétés. « En effet, les syndicats agissent comme des organisations intermédiaires entre la vie privée des individus et l’espace public dans lequel se déroulent les discussions collectives. Par les campagnes politiques qu’ils organisent, par les formations qu’ils donnent et par l’accompagnement qu’ils offrent dans les milieux de travail, ils contribuent à l’éducation politique de leurs membres. Mieux encore, ils offrent un espace à l’intérieur duquel les travailleurs et les travailleuses peuvent s’impliquer et se prononcer sur des sujets qui les concernent », ajoute le chercheur.