Action féministe

Des outils pour mieux comprendre et agir face à violence conjugale

4 mars 2026

En moins de trois mois, depuis le début de l’année 2026, sept féminicides ont été commis au Québec. Derrière ces drames se cache une réalité persistante : la violence conjugale demeure malheureusement un fléau qui traverse toutes les sphères de la société. Un phénomène qui exige une réponse collective. 

Par Audrey Parenteau, rédactrice en chef 

Au cours de sa vie, une femme sur trois subira de la violence conjugale. Parmi les victimes, 75,8 % sont des femmes, alors que les agresseurs sont à 76,6 % des hommes. Si ces chiffres révèlent une dynamique genrée, personne n’est à l’abri : femmes, hommes, personnes issues de la diversité sexuelle et de genre… toutes et tous peuvent être concernés.

Face à la montée des féminicides et à l’ampleur de la violence conjugale, la CSQ rappelle qu’elle a mis à la disposition de la population, de ses membres et des milieux de travail une trousse d’information pour mieux comprendre, soutenir et agir. Intitulée Agir ensemble – La violence conjugale, c’est aussi notre affaire!, elle est offerte gratuitement en ligne. Une initiative qui rappelle que cet enjeu dépasse largement la sphère privée.

Un enjeu qui touche aussi le travail

La violence conjugale ne s’arrête pas à la porte du domicile. Pour plus de la moitié des femmes qui en sont victimes, la violence se poursuit en milieu de travail : appels insistants, courriels menaçants, visites non désirées. Le lieu de travail devient parfois un terrain supplémentaire de contrôle.

Les répercussions affectent également les équipes : augmentation de la charge de travail, stress, climat d’inquiétude, tensions, etc. D’où l’importance d’outiller les milieux pour qu’ils puissent reconnaître les signes et soutenir les personnes concernées.

10 jours d’absence rémunérés : un minimum pour sortir de la violence

Rappelons que la CSQ et l’Intersyndicale des femmes, qui regroupe sept organisations syndicales, réclame depuis longtemps l’inclusion de 10 jours d’absence rémunérés pour les victimes de violence conjugale dans la Loi sur les normes du travail. Dix jours d’absence, c’est bien peu pour reconstruire sa vie, mais c’est une occasion unique d’en changer la trajectoire. Ces journées permettraient aux victimes de faire des démarches pour s’en sortir, à l’abri du contrôle de l’agresseur et sans perdre de revenu ou risquer de rompre leur lien d’emploi. Cette mesure aurait un coût, mais le coût de ne pas agir est bien plus élevé. L’incidence économique de la violence conjugale sur l’ensemble de la société canadienne s’élèverait à 7,4 milliards de dollars, selon les dernières données disponibles.

En savoir plus

Avec la trousse Agir ensemble – La violence conjugale, c’est aussi notre affaire!, la CSQ souhaite favoriser une prise de conscience collective et encourager les actions syndicales concrètes. Parce que la violence conjugale s’inscrit dans des rapports inégalitaires toujours présents dans notre société, elle nous concerne toutes et tous, et appelle à une réponse solidaire.

Consultez la trousse Agir ensemble – La violence conjugale, c’est aussi notre affaire!, conçue par la CSQ. Celle-ci aborde plusieurs thèmes pour soutenir les personnes vivant avec ce problème et agir syndicalement afin d’appuyer les travailleuses et les travailleurs face à cet enjeu.

La trousse complète est disponible gratuitement en ligne!