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Lise Goulet, Conseillère CSQ en santé et services sociaux

Réforme Barrette : faisons preuve de vigilance et passons à l'action !

30 avril 2015

Les effets de la première vague Barrette se font sentir, depuis le 1er avril 2015, dans le réseau de la santé et des services sociaux. Les nombreuses compressions budgétaires et suppressions de postes nourrissent l'insécurité, la confusion et la colère du personnel, qui se trouve piégé dans un grand remue-ménage où plusieurs ne savent plus qui fait quoi, où et comment. Les travailleuses et travailleurs devront attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant de connaître la nouvelle structure d'emplois pour chacun des établissements et points de service.

Toutefois, ce n'est pas parce que le gouvernement impose ses lois que le personnel doit se laisser faire... Il est encore possible de lutter contre les effets désastreux de la réforme Barrette.

Quelques pistes d'actions

  • La qualité et la sécurité des services et des soins vous préoccupent ? Vous êtes témoins de situations problématiques dans votre milieu de travail ? Vous ou l'un de vos proches vivez des problèmes d'accessibilité ? Aidez-nous à repérer les dérives et les problèmes qu'occasionne la nouvelle réforme. Communiquez avec votre syndicat.
  • Vous aimeriez aider à contrer la privatisation du réseau public de santé ? Participez aux différentes actions de mobilisation à venir.
Pour en savoir plus sur la réforme Barrette, visitez le site austerite.lacsq.org.

La privatisation, le souhait non avoué du gouvernement ?

Les mesures d'austérité et les réformes actuelles mettent en péril le système public de santé et de services sociaux. Si le ministre Barrette continue d'affirmer que les services à la population ne seront pas touchés, il ne prend aucun engagement financier concret pour les améliorer, bien au contraire. Il cultive aussi l'ambiguïté en affirmant que tous les points de services seront maintenus, sans jamais préciser quels soins y seront offerts, dans quelle proportion et à quelles conditions.

En refusant de s'engager à réinvestir les sommes économisées pour améliorer les services, le gouvernement fragilise, déstabilise et démotive le personnel et les équipes de soins. Qu'à cela ne tienne, il continue de revoir les programmes et les services afin de réduire encore plus ses dépenses. Bien qu'il soutienne faire ces choix pour préserver le système public de santé, dans les faits, le gouvernement favorise la privatisation.

L'épreuve des faits

D'un côté, le gouvernement prétend vouloir améliorer l'accessibilité, la qualité et la sécurité des services. De l'autre, il impose des compressions budgétaires majeures, déstabilise les équipes de soins et augmente les processus de reddition de comptes. Peut-on réellement améliorer l'efficience d'un système de santé, tout en le privant des ressources lui permettant d'agir efficacement ?

Et si les milliards de compressions annoncées cachaient une volonté de désassurer des pans complets de services sociaux et de santé ? Et si cette réforme s'inscrivait dans un plan débuté il y a plusieurs années ? Rappelons-nous quelques moments importants :

2004 Le projet de loi no 25 est adopté sous le bâillon pour fusionner les établissements en CSSS. L’objectif ? Améliorer l’accès aux services, diminuer la bureaucratie et réaliser des économies. Or, un rapport du ministère de la Santé et des Services sociaux, paru en 2010, ne révèle aucune amélioration significative dans l’accès aux services médicaux.
2007 Les médecins obtiennent le droit de s’incorporer. Sept ans plus tard, 45 % des 22 500 médecins ont fait le pas, privant ainsi le gouvernement de 150 millions de dollars en revenus fiscaux annuellement.
2008 Dix-huit mois après l’adoption sous le bâillon du projet de loi no 33, qui autorise la réalisation de trois types de chirurgie en clinique privée et leur couverture par les assureurs privés, le gouvernement consent à ce qu’une cinquantaine d’interventions puissent être réalisées en clinique spécialisée.
2015 La prolifération de frais en tout genre réclamés lors de consultations médicales constitue une autre forme de privatisation qui compromet l’universalité des soins. À cet égard, la section intitulée Utilisation des sommes liées à la désassurance d’un service assuré du projet de loi no28 visant le retour à l’équilibre budgétaire, adopté sous le bâillon en avril dernier, ne laisse présager rien de bon.

Nous devons riposter contre ce virage qui contribue au démantèlement progressif du réseau public de santé et de services sociaux. L'heure est à l'action !