Centrale des syndicats du Québec (CSQ) - Single

Patricia Bolduc, Enseignante et membre du Comité des jeunes CSQ

Un petit survol planétaire

5 octobre 2015

Nouvelles CSQ a réalisé une série d'entrevues, en marge du Congrès de l'IE, avec des représentantes et représentants du personnel de l'éducation de partout sur la planète. Voici la première partie de cette série dressant le portrait de la situation en France, au Sénégal et en Grèce.

France

En France, la récession force des coupes dans les dépenses publiques. Les enseignantes et enseignants subissent un gel salarial depuis cinq ans et les ratios en classe ont considérablement augmenté. La réforme fiscale entraîne aussi des baisses de subventions et du partenariat. Quant au financement par les entreprises, il favorise les écoles privées, qui prennent de l'importance dans certaines régions, au détriment de l'école
publique. Voilà pourquoi le Syndicat National des Enseignements de Second Degré (SNES-FSU) milite pour rendre l'éducation publique prioritaire, améliorer les conditions d'études et l'offre de services aux élèves ainsi que pour obtenir une réforme de la fiscalité, a expliqué Frédérique Rolet, enseignante et secrétaire générale du SNES-FSU.

Sénégal

Les problèmes de financement et de gouvernance en éducation sont colossaux au Sénégal. À cela s'ajoutent les promesses électorales non tenues et le détournement, à d'autres fins, des sommes devant être allouées à l'éducation. Soulignons que dans ce pays, c'est la collectivité qui prend en charge l'éducation, tout comme l'eau potable et l'électricité. De plus, la scolarisation des filles est un enjeu majeur.

Awa Wade, la secrétaire générale et inspectrice de l'éducation de L'Union démocratique des enseignants du Sénégal, l'UDEN, précise que la quantité insuffisante de personnel, le manque de matériel de base, les contraintes budgétaires, l'essor des services d'éducation privée et l'absence de dialogue social sont tout aussi inquiétants. Dans ce contexte, les syndicats doivent mener une campagne de sensibilisation afin de faire participer pleinement les collectivités ainsi que de sensibiliser les populations à l'importance de veiller au contrôle citoyen de l'action publique.

Grèce

La situation de l'éducation est très inquiétante en Grèce. Themistoklis Kotsifakis, le président de la fédération grecque des enseignants du secondaire (l'OLME), dresse un portrait très sombre de l'impact dévastateur des politiques d'austérité : des baisses salariales de 45 % pour le personnel enseignant, une diminution de 35 % du budget de l'éducation, une réduction de 28 % du nombre d'enseignants, la fermeture de 2 000 établissements scolaires ainsi qu'un taux de chômage national qui atteint les 60 %. Pour lui, il ne fait aucun doute : il est urgent de cesser l'austérité et d'investir en éducation.

Le Congrès de l'IE a reconnu les menaces de la privatisation et de la commercialisation de l'éducation. Plusieurs résolutions ont été adoptées pour améliorer, par diverses actions, les systèmes d'éducation publics. Les partenariats entre les pays et la fraternisation entre les syndicats sont l'une des clés qui permettront de rendre l'école accessible à toutes et tous et d'offrir une éducation de qualité partout à travers le monde.

Pour en savoir plus sur le 7e Congrès de l'IE : ei-ie.org/congress7/fr/