Ingérence gouvernementale dans les activités syndicales en Éthiopie

Montréal, le 9 janvier 2007

 

Son Excellence Meles Zenawi
Premier ministre
B.P. 1031
Addis Abeba
République démocratique d’Éthiopie

Télécopieur : 251 11 552020

 

Votre Excellence,

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) s'inquiète de l'ingérence gouvernementale ainsi que du harcèlement des dirigeants syndicaux et des militants et militantes du syndicat enseignant Ethiopian Teachers' Association (ETA), dirigée par Gemoraw Kassa.

Mon organisation a été alertée par l'Internationale de l'Éducation, la fédération internationale des enseignants, de l'arrestation en décembre 2006 de trois collègues éthiopiens – Tilahun Ayalew, Meqcha Mengistu et Antenech Getnet – ainsi que de leur détention sans mention d'aucun chef d'accusation. Tilahun Ayalew et Antenech Getnet auraient en outre été torturés au cours de leur détention.

Ces trois hommes sont des enseignants respectés et jouissent de mandats d'élus au sein de l'Ethiopian Teachers' Association. Leur affiliation à l'ETA semble être le seul crime qu'ils aient commis.

Dans ce contexte d'ingérence dans les activités syndicales, l'ETA, soutenue par l'Internationale de l'Éducation, a déposé une plainte auprès de l'Organisation internationale du travail le 11 septembre 2006. Les noms de Tilahun Ayalew, Meqcha Mengistu et Antenech Getnet figuraient déjà dans cette plainte, ce qui tend à démontrer un harcèlement systématique des officiels élus de l'ETA.

Monsieur le Premier ministre, la CSQ exhorte votre gouvernement à honorer et à respecter la Convention 87 de l'OIT sur le droit à la liberté d'association, ratifiée par l'Éthiopie.

La CSQ exhorte votre gouvernement à ne plus interférer en aucune manière dans les activités de l'ETA, dirigée par Gemoraw Kassa, que ce soit sous la forme d'interventions policières lors de rassemblements ou de réunions, ou d'intimidation et de harcèlement à l'encontre de dirigeants ou de membres syndicaux.

La CSQ exhorte votre gouvernement à libérer les trois militants syndicaux détenus dès lors qu'il s'avère que leur seule culpabilité porte sur leurs activités syndicales légitimes. Quoi qu'il en soit, mon organisation souhaite rappeler que les détenus ne peuvent en aucun cas faire l'objet de tortures et que les détenus doivent bénéficier de la présence d'un avocat de même que de traitements médicaux.

La CSQ, qui représente 172 000 travailleurs du Québec, principalement dans le secteur éducatif, veut croire que vous allez œuvrer en faveur d'une libération rapide des trois syndicalistes, de leur maintien en bonne santé, et que vous convoquerez une enquête immédiate et indépendante sur les allégations de tortures par les agents de sécurité gouvernementaux.

Je vous prie d’agréer, Votre Excellence, l’expression de mes sentiments distingués.

Le président de la CSQ,

 

 

Réjean Parent