Demande de libération du professeur et syndicaliste Miguel Angel Beltran de Colombie

Montréal, le 9 novembre 2010

 

S.E. Juan Manuel Santos Calderón
Président de la République de Colombie
Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-26,
Bogotá, Colombia
Télécopieur : 0 11 57 1 337 5890
Courriel : presidencia@presidencia.gov.co

 

Sr Fernando Londoño Hoyos
Ministre de l’Intérieur et de la Justice
Télécopieur: 0 11 57 1 444 3100
Courriel: maria.riveros@mij.gov.co

Objet: Libérez le professeur d’université et syndicaliste Miguel Ángel Beltrán

Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,

Je vous écris, par la présente, au nom de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), une organisation qui représente plus de 180 000 du secteur public québécois, principalement en éducation. Nous demandons la libération du professeur d’université et syndicaliste Miguel Ángel Beltrán. Inculpé de « rébellion » et de « violation de la loi à des fins terroristes », le professeur Beltrán est emprisonné depuis le mois de mai 2009. Plus d’un an après son emprisonnement et à l’approche de son nouveau procès qui se tiendra le 12 novembre 2010, il n’y a toujours aucune preuve permettant d’étayer ces allégations.

Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que le professeur Beltrán ait été emprisonné en raison de ses écrits académiques indépendants et ses croyances politiques, comme tant d’autres enseignants en Colombie, sans n’avoir commis aucun délit.

Nous sommes intimement convaincus que la liberté académique, la liberté de pensée et la liberté d’expression sont des droits humains fondamentaux, qui ne doivent pas être soumis à l’autorisation de l’État. Nous sommes également convaincus que toute restriction de la liberté de débattre d’idées et d’opinions constitue une entrave au bon fonctionnement du processus démocratique. La détention du professeur Beltrán démontre que la Colombie ne respecte pas ces droits humains et syndicaux fondamentaux.

Le grand nombre de prisonniers politiques dans les prisons colombiennes – qu’ils soient professeurs d’université, syndicalistes ou militants de la société civile – et les nombreux enseignants syndicalistes qui continuent à être tués sont également des preuves du non-respect des droits humains par l’État colombien.

En conséquence, au nom des enseignants et enseignantes du monde entier, nous vous exhortons à mettre fin à cette situation honteuse en garantissant un procès juste au professeur Beltrán, qui ne pourra qu’aboutir à sa libération immédiate et au paiement rapide d’une compensation légitime.

Nous vous prions d'agréer l'expression de nos sentiments respectueux.

 

Réjean Parent
Président
Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

 

c.c. Ministre de l’Éducation, María Fernanda Campo (57 1 222 4953) despachoministra@mineducacion.gov.co

Ambassade du Canada à Bogota, bgota@international.gc.ca