Rentrée 2020 - « Une année pour défendre et porter la voix du monde. » – Sonia Ethier

6 janvier 2020

Montréal, le 6 janvier 2020. – Dans le cadre de sa conférence de presse de début d’année, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Ethier, a fait part des priorités qu’elle entendait mettre de l’avant pour 2020.

Négociations du secteur public : la CAQ doit éteindre le feu

D’entrée de jeu, le contexte des négociations du secteur public rend l’année 2020 déterminante pour l’avenir des services publics, particulièrement pour les services aux élèves, ainsi que ceux à l’endroit des familles et des personnes les plus vulnérables. Rappelons que, dans le cadre des offres globales et sectorielles qui ont été déposées, le personnel de l’éducation, de la santé et des services sociaux et de l’enseignement supérieur a reçu une offre patronale insultante en dessous de l’inflation prévoyant une hausse salariale de 7 % sur cinq ans. « L’offre méprisante du président du Conseil du trésor constitue de l’austérité déguisée pour les milliers d’employés de l’État. Doit-on rappeler que l’Institut de la statistique du Québec confirme que les salariés des secteurs public et parapublic québécois accusent un retard de 6,2 % avec les autres secteurs? Christian Dubé doit réaliser qu’une de ses responsabilités à l’endroit des employés de l’État est d’éteindre des feux…, pas de les allumer! », a lancé la leader syndicale.

Sonia Ethier a également mis en doute la réelle intention du gouvernement Legault qui, lors de son dépôt patronal, a annoncé la création de trois forums de discussion distincts composés de représentants patronaux et syndicaux. Si les thématiques générales qui seraient abordées sont connues, ces instances inventées de toutes pièces par le gouvernement apportent actuellement plus de questions que de réponses. « On attendait un rattrapage et on a la désagréable impression que le gouvernement nous sert une attrape. À la lumière de ce qu’on connaît, ces forums contournent la négociation. Pourquoi inventer de nouvelles structures alors qu’il existe déjà des instances pour traiter de ces questions? Plutôt que de négocier de bonne foi et de s’engager à traiter de ces enjeux aux tables de négociation prévues dans le cadre légal de ces négociations, le gouvernement tente de pelleter en avant les problèmes. Ces forums visent manifestement à détourner l’attention des réels problèmes vécus par l’ensemble du personnel des services publics : du travail qui rend malade jusqu’aux conditions de travail en bas de la moyenne », a exprimé la présidente.

Dans un contexte de surplus budgétaire où le gouvernement accumule les milliards, Sonia Ethier exprime le souhait que le gouvernement recule sur ses offres patronales insultantes qui condamnent les employés de l’État à l’appauvrissement et au manque de soutien. « La pénurie de main-d’œuvre et le manque de ressources laissent leurs marques chaque jour sur des travailleuses et des travailleurs qui n’en peuvent plus, qui sont à bout et qui décrochent. Avec des offres aussi irresponsables, le gouvernement aura fort à faire pour éteindre le feu qu’il vient lui-même d’allumer en ajoutant l’insulte à l’injure », a soutenu Sonia Ethier.

Secteur de la petite enfance

Parallèlement aux négociations du secteur public, du côté de la petite enfance, la CSQ entend porter la voix des responsables en services éducatifs (RSE) en milieu familial qui sont toujours en négociation pour rehausser leurs conditions de travail marquées par le manque d’autonomie et de valorisation. Au regard des offres dégradantes (sous le salaire minimum) qui ont été proposées par le gouvernement, la Centrale entend notamment appuyer la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) dans les moyens de pression qu’elle entend mettre de l’avant. La première représentante politique de la CSQ a mentionné : « La bonification de la subvention pour effectuer un rattrapage salarial et pallier l’augmentation du coût de la vie est incontournable pour ces intervenantes qui portent chaque jour et à bout de bras l’avenir de nos enfants. Les places en milieu familial régi et subventionné, qu’on estime à 90 000 partout au Québec, sont aussi nombreuses que les places en CPE. Cette première ligne constitue donc un pilier essentiel dans la vie et le parcours d’apprentissage de nos tout-petits. Avec des offres sous le salaire minimum, le gouvernement de la CAQ propose la dégradation des conditions de travail des RSE et contribue directement au problème d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre. » Les consultations entourant les demandes de négociation s’amorceront également dès 2020 dans les centres de la petite enfance (CPE) où la plupart des conventions collectives seront échues.

Une réforme Roberge à amender

Du côté législatif, la présidente de la CSQ interpelle le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, pour qu’il vienne à la raison et modifie rapidement le projet de loi no 40 sur la transformation des commissions scolaires. « La réforme Roberge a réussi à faire l’unanimité contre elle et constitue un danger d’inégalités dans les services et la représentation. Dans toutes les régions, on assiste à une mobilisation importante du personnel enseignant, du personnel de soutien et du personnel professionnel. Pour 2020, nous entendons augmenter la pression pour que nous soyons enfin entendus. Plusieurs amendements que nous avons déposés auprès du gouvernement n’attendent qu’à être adoptés », a dit Sonia Ethier.

Réforme de la santé et sécurité au travail

La nouvelle année 2020 signifie aussi le dépôt fort attendu d’une nouvelle loi sur la santé et la sécurité au travail. Il est à rappeler qu’au cours des deux dernières années, seulement dans le secteur de la santé et des services sociaux, on note des hausses importantes pour les troubles musculosquelettiques (+ 36 %), les chutes (+ 45 %) et les actes violents (+ 82 %), sans parler des lésions à caractère psychologique comme le harcèlement ou le manque de soutien. « Le gouvernement a reporté le dépôt de sa réforme alors que ça fait 40 ans que la loi n’a pas été revue. Les travailleuses et les travailleurs ne peuvent plus attendre. Sur le terrain, en éducation ou en santé et services sociaux, les personnes en arrêt de travail sont plus nombreuses que jamais. Ce sont des millions d’heures en assurance salaire, soit l’équivalent de milliers d’emplois à temps plein qui ne sont pas rendus en services publics. Derrière chaque cas, on trouve des visages et des noms de personnes qui sont victimes d’un système marqué par le manque de prévention et d’intervention. Il faut que ça change », s’indigne Sonia Ethier.

Équité salariale

La présidente de la CSQ a annoncé que l’arrivée de l’année 2020 signifiait aussi l’importance de continuer d’exiger une révision de la Loi sur l’équité salariale. « Ça n’a pas de bon sens qu’en 2019, les femmes accusent encore un retard salarial de 10 %. Presque 25 ans après l’adoption de la Loi sur l’équité salariale, les avancées sont nettement insuffisantes. Nous invitons les citoyens à signer la pétition qui interpelle le ministre du Travail afin qu’il adopte rapidement une révision de la loi », a expliqué la présidente de l’organisation.

Réforme du mode de scrutin

Finalement, Sonia Ethier mentionne que sa centrale attend de pied ferme la réforme du mode de scrutin et se fera entendre dans le cadre des consultations particulières le 23 janvier prochain. « Alors que la CAQ s’était engagée à ce que l’élection de 2018 soit la dernière sous le régime électoral qu’on connaît, elle a dû renier sa parole. Comme membre de la coalition pour la réforme du mode de scrutin, la CSQ ne lâchera pas le morceau. Ça fait déjà trop longtemps que des gouvernements élus avec une minorité de votes peuvent imposer toutes leurs politiques à la majorité », a conclu Sonia Ethier.