CAQ, conseil des ministres, élection 2018

Le gouvernement Legault doit être à la hauteur des attentes qu’il a créées, selon la CSQ

18 octobre 2018

Montréal, le 18 octobre 2018. – « Le gouvernement Legault a misé sur le changement en suscitant beaucoup d’attentes au sein de la population. À compter d’aujourd’hui, le premier ministre et ses ministres doivent se mettre au travail pour concrétiser leurs engagements et surtout améliorer les services publics en préservant leur caractère universel, accessible et gratuit. Cela passe par des conditions de travail plus humaines pour les travailleuses et travailleurs de nos réseaux publics. » Tel est le message de la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Éthier, à l’occasion de l’assermentation des ministres du premier gouvernement Legault.

Plus précisément, la CSQ félicite le nouveau gouvernement et formule plusieurs demandes à certains des nouveaux et nouvelles ministres.

D’importants défis en éducation et en enseignement supérieur

En éducation, Jean-François Roberge a été à même de constater, au cours des quatre dernières années, les nombreuses difficultés avec lesquelles doit conjuguer le personnel de l’éducation.

« La CAQ s’est engagée à améliorer les conditions de travail et d’exercice du personnel. Son ministre a maintenant l’occasion de mettre en pratique les promesses de son gouvernement. Nous espérons fortement que le ministre Roberge prendra le temps de consulter véritablement le personnel qui sera au cœur de ces changements afin que ses initiatives correspondent à leurs besoins et aux véritables enjeux auxquels fait face le milieu de l’éducation. »

D’autre part, pour ce qui est de l’enseignement supérieur, « nous sommes déçus que ce secteur n’ait pas droit à son propre ministre, car sa réalité est tout à fait différente du milieu scolaire. En conséquence, Jean-François Roberge devra faire un effort supplémentaire pour apporter une attention toute particulière aux besoins criants de nos cégeps et universités ».

Situation urgente à régler en santé

En santé et services sociaux, après les bouleversements des dernières années, la nouvelle ministre, Danielle McCann, a d’énormes urgences à régler. « Nous surveillerons de près ses initiatives, puisque nous avons formulé des demandes claires dans le cadre de notre opération 100 jours pour la santé. Ce secteur vit une crise permanente et la ministre ne peut pas se payer le luxe de trop attendre pour soulager le personnel, qui est à bout de souffle, et améliorer les services à la population. Elle doit transmettre dès maintenant un message très fort au personnel afin de regagner sa confiance qui a été grandement ébranlée au cours des derniers mois. »

Changement de cap nécessaire en petite enfance

Du côté du ministère de la Famille, la CSQ rappelle au nouveau ministre, Mathieu Lacombe, que son gouvernement s’est engagé à abolir la modulation des tarifs et à revenir au tarif unique d’ici 2022. « Nous l’invitons à agir dès maintenant pour mettre en application cette mesure que nous revendiquons depuis longtemps, tant pour les CPE que les milieux familiaux publics. De plus, nous le pressons de mettre fin à l’imposition du guichet unique pour les responsables de services éducatifs en milieu familial (RSE) et aux frais excessifs qui leur sont imposés. »

Par ailleurs, la CSQ voit d’un bon œil la nomination de Lionel Carmant, à titre de ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux qui se penchera plus particulièrement sur la question des enfants à besoins particuliers, puisque la Centrale a toujours insisté sur l’importance d’agir tôt pour identifier ces besoins. « Nos intervenantes en petite enfance ont toutes les compétences pour y arriver et nous souhaitons collaborer avec le nouveau ministre dans ce dossier. »

Une plus grande justice pour les aînés et les femmes

Pour les aînés, la CSQ souhaite que la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, entende la voix de son association, l’AREQ-CSQ, qui demande que le nouveau gouvernement planifie ses actions en s’assurant qu’elles n’appauvrissent pas les personnes retraitées, qu’on investisse pour répondre adéquatement aux besoins en soins à domicile et qu’on prenne davantage soin des personnes vivant en CHSLD.

Pour la condition féminine, un premier bon geste a déjà été posé avec la présentation d’un conseil des ministres paritaires. « La nouvelle ministre responsable, Sonia LeBel, devra d'abord poursuivre la mise en œuvre des politiques visant l'égalité entre les femmes et les hommes adoptées par l'ancien gouvernement, notamment celles présentées dans la foulée du mouvement #moiaussi. La CSQ réitère également qu’elle revendique une loi-cadre sur la conciliation famille-travail-études. »

Répondre aux revendications de la campagne 5-10-15

La présidente de la CSQ interpelle également le nouveau ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, afin qu’il pose rapidement des gestes pour répondre aux revendications de la campagne 5-10-15, soit connaître son horaire cinq jours à l’avance, avoir droit à dix jours de congé payé pour cause de maladie ou de responsabilités familiales et un salaire minimum de 15 dollars de l’heure.

Un message au Conseil du trésor

En dernier lieu, la présidente de la CSQ adresse un message au nouveau ministre responsable de l’Administration gouvernementale et président du Conseil du trésor, Christian Dubé. « Nous lui demandons de faire preuve d’une plus grande ouverture à l’égard des travailleuses et des travailleurs du secteur public qui n’ont surtout pas été gâtés au cours des dernières années. À l’approche d’une nouvelle ronde de négociations, il est clair que le gouvernement doit se préparer à faire un effort supplémentaire pour mieux traiter ses employés actuels et espérer attirer une relève compétente. C’est la qualité des services que l’État doit rendre à la population qui est en jeu », conclut Sonia Éthier.