Politique sur la réussite éducative - La version corrigée de la grille du lecteur!

17 mars 2017

Louise Chabot, présidente de la CSQ

Louise Chabot, présidente de la CSQ

Dans son texte paru dans La Presse+ du 2 mars, Égide Royer propose aux lecteurs une grille permettant d'évaluer la future politique sur la réussite éducative.

Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Dans son texte paru dans La Presse+ du 2 mars, Égide Royer propose aux lecteurs une grille permettant d'évaluer la future politique sur la réussite éducative.

Malheureusement, l'auteur a soumis la mauvaise copie.

Afin d'éviter que les lecteurs de La Presse n'évaluent le ministère sur des bases inexactes, nous les invitons à utiliser la version corrigée de la grille d'évaluation suivante :

  1. Pour orienter son action de manière éclairée, le ministère de l'Éducation favorise l'alliance entre la recherche et les savoirs d'expérience du personnel des établissements scolaires. C'est la piste la plus prometteuse pour améliorer la réussite des élèves. Dans cette optique, un institut national en éducation devient une structure de trop, dont la pertinence n'est pas démontrée par des données probantes.
  2. Le Ministère reconnaît que les inégalités sociales et économiques (conditions de vie difficiles, pauvreté, etc.) ont un impact important sur les possibilités de réussite des jeunes à l'école. Dans ce cadre, il maintient les programmes qui peuvent répondre spécifiquement aux besoins des jeunes en milieu défavorisé.
  3. Le Ministère admet, comme tous les groupes sociaux, qu'agir tôt auprès des enfants est synonyme d'une meilleure réussite pour les élèves. Pour cela, il développe et consolide le réseau public de services de garde à la petite enfance qui a fait amplement ses preuves en matière de renforcement des capacités des jeunes. De plus, chaque dollar investi dans le réseau de garde subventionné rapporte 1,47 $ en revenus fiscaux et permet d'économiser jusqu'à 9 $ en services de santé, sociaux et juridiques.
  4. En plus de la nécessité d'agir tôt, le ministère reconnaît qu'il faut soutenir les jeunes qui en ont besoin tout au long de leur cheminement scolaire pour éviter qu'ils n'accumulent des retards. En ce sens, il rend disponibles les services professionnels et de soutien nécessaires en quantité suffisante, de la petite enfance à l'université.
  5. Le Ministère reconnaît que les enseignantes et enseignants sont des professionnels déjà très bien encadrés par la Loi sur l'instruction publique. Il s'appuie sur leur jugement professionnel pour orienter au mieux leur pratique. Un ordre professionnel ne serait qu'une structure administrative de plus.
  6. Le Ministère reconnaît que le décrochage scolaire des jeunes est un problème important. Il favorise donc la mise en place de mesures pour aider les filles et les garçons à persévérer dans leurs études, notamment en soutenant leur réussite en lecture et écriture.

Il est nécessaire d'utiliser plutôt cette version corrigée, puisque la grille soumise par Égide Royer comporte des éléments qui auraient pu induire les lecteurs en erreur.

Afin que le Ministère obtienne la note de passage et devienne même un premier de classe, il doit répondre à ces six exigences qui favoriseront véritablement la réussite du plus grand nombre. L'échéance pour remettre sa politique éducative approche, nous espérons qu'il met les bouchées doubles pour réussir son examen.