À la CSQ, NOUS sommes 200 000 travailleurs de l’éducation, de la santé et des cégeps qui prenons soin de vous, de vos enfants et de vos parents. Chaque jour, chaque heure, nous mettons tout en œuvre et donnons le meilleur de nous-mêmes. Souvent, nous devons nous surpasser. Nous savons que vous l’appréciez, mais ce n’est vraiment pas le cas de notre gouvernement.

Nos conditions de travail ont une incidence directe dans vos vies. Voici quelques faits qui témoignent de notre réalité… et de la vôtre !

Le Québec, la « cadillac » des services publics ?

Le Québec est la province qui offre la « Cadillac » des services publics. VRAI ou FAUX ?

À nuancer : bien que le panier de services publics soit plus complet et diversifié au Québec que dans les provinces canadiennes, le niveau d’investissement par personne y est moins élevé. En éducation, au Québec, c’est 777 dollars de moins par élève que la moyenne canadienne.

Sortir de l’hécatombe

La surcharge de travail et le manque de ressources a mené à un taux d’absentéisme sans précédent en 2019, qui a coûté à l’État plus de 700 millions de dollars en assurance-salaire, seulement dans le domaine de la santé.

Les mauvaises conditions de travail sont à l’origine de l’hécatombe qui a causé plus de 4 000 morts dans les CHSLD lors de la pandémie en 2020, qui a mis en lumière les conséquences du sous-investissement dans ce secteur. Les personnes qui en ont souffert sont nos aînés, celles et ceux qui ont bâti le Québec et ont trimé toute leur vie pour que la nôtre soit meilleure.

20 % des enseignants quittent

Saviez-vous qu’un enseignant sur cinq quitte la profession dans les cinq premières années de pratique ? Aussi, de plus en plus d’enseignants prennent leur retraite de façon prématurée.

Le roulement de personnel dans les écoles affecte la réussite scolaire et les conditions d’apprentissage de nos élèves. Un enseignant ne fait pas que transmettre des notions académiques. Il est aussi celui qui veille à maintenir la stabilité, le calme, le respect et un environnement bienveillant qui favorise tant l’acquisition de connaissances qu’une bonne santé mentale.

54 % du personnel songe à quitter son emploi

Les conditions de travail dans le secteur collégial au Québec se sont détériorées à un tel point qu’un sondage mené auprès du personnel révèle que 54 % ont songé à quitter leur emploi au cours des dernières années.

Un grand nombre d’élèves ayant des besoins particuliers ne reçoit pas les services professionnels (orthophonie, orthopédagogie, psychologie, psychoéducation, conseils d’orientation, etc.) auxquels ils auraient droit. 66 % des professionnelles et professionnels de l’éducation disent ne pas pouvoir faire d’interventions préventives et 73 % considèrent qu’il leur est impossible de faire le nombre de suivis requis.

Jusqu’à 90 % de postes précaires dans les écoles

Les postes de techniciennes en éducation spécialisée, de techniciennes en travail social, de surveillantes d’élèves ou d’éducatrices en service de garde sont frappés par des taux de précarité allant jusqu’à 90 % dans les écoles.

La précarité de ces travailleurs fait en sorte qu’ils ne sont pas en mesure de donner tous les services dont les étudiants ont besoin. Ainsi, les taux de précarité représentent 60 % pour les techniciennes en éducation spécialisée, 56 % pour les techniciennes en travail social, 91 % pour les surveillantes d’élèves, 71 % pour les d’éducatrices en service de garde et 79 % pour les préposées aux élèves handicapés.

Pandémie + grève = faillite ?

Avec la crise, le gouvernement n’a pas les moyens d’offrir des améliorations des conditions de travail. VRAI ou FAUX ?

Faux : Malgré la crise, le Québec s’en sort mieux que ses voisins en termes de finances publiques. Le remboursement de la dette lui coûtera moins cher en 2021 (7,2 % de ses revenus) qu’il y a 5 ans (10 %).

Aider les personnes vulnérables

À force de couper des postes et de sabrer dans les conditions de travail, le gouvernement fait des victimes collatérales et ce sont les personnes les plus vulnérables de la société qui en font les frais !

On a amplement documenté le manque de ressources pour nos aînés en CHSLD, qui a conduit à une hécatombe sans précédent en 2020. Il manque aussi cruellement de spécialistes dans le milieu scolaire pour les enfants aux besoins particuliers, ce qui a une incidence directe sur ces enfants et sur l’ensemble d’une classe.

70 % sont des femmes…

Les femmes occupent plus de 70 % des postes du secteur public.

Les données démontrent que les femmes ont été parmi les premières victimes économiques de la pandémie. Or, ce sont elles qui sont majoritairement au front chaque jour en éducation, en santé et en enseignement supérieur. La relance économique ne doit pas être uniquement axée sur le béton, mais sur le capital humain que représente les femmes dans les services publics.

Manifeste

NOUS sommes des enseignantes et des enseignants, du personnel de soutien, des professionnels de l’éducation, infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes.

NOUS sommes aux premières lignes pour donner des services publics de qualité supérieure en matière d’éducation et de santé.

NOUS sommes entièrement dévoués auprès des clientèles que nous desservons et donnons constamment le meilleur de nous-mêmes.

NOUS subissons depuis 20 ans un régime d’austérité parsemé de coupures, de décrets et de surcharge de travail qui affectent les services que la population est en droit d’attendre.

Nous croyons que la relance économique du Québec passe notamment par des services publics de premier plan à la population et que les femmes sont au cœur de cette relance.

NOUS ne demandons pas la lune, simplement que notre travail soit reconnu à sa juste valeur par notre employeur, le gouvernement du Québec.

NOUS réclamons des conditions de travail qui nous permettront d’œuvrer dans un environnement propice au bon exercice de notre pratique.

Nous invitons par conséquent le gouvernement à miser sur le capital humain plutôt que d’investir uniquement dans le béton pour relancer l’économie.

NOUS soutenons qu’une approche de travail concertée et des moyens conséquents sont essentiels pour notre vitalité et notre développement collectif.

NOUS posons des questions fondamentales au gouvernement :

Que seraient une école et un cégep sans profs, sans personnel de soutien et sans professionnels ?
Que serait un hôpital sans infirmières, infirmières auxiliaires ou inhalothérapeutes ?

NOUS prenons soin de vous au quotidien et c’est pour NOUS une source fierté. Ne laissons pas le gouvernement la tarir.

Oui, les négociations dans le secteur public, ça NOUS regarde TOUS.