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Guide à l’intention des syndicats affiliés à la CSQ

L’IA transforme rapidement nos environnements professionnels. Derrière ses promesses d’efficacité et d’innovation, cette technologie présente des risques bien réels. Il est essentiel que les travailleuses et travailleurs contribuent au processus d’implantation de l’IA, et que les employeurs mettent en place des instances de consultation et de collaboration avec le personnel et les syndicats.

Le comité des relations du travail peut constituer un premier espace pour discuter des répercussions de l’IA sur l’organisation du travail. Toutefois, la création d’un comité paritaire dédié spécifiquement aux changements technologiques peut être une avenue mieux adaptée à certains milieux.

En tant que représentant du syndicat, demeurez vigilant et proactif. Ne laissez pas l’implantation de l’IA se faire sans transparence ni véritable dialogue. Assurez-vous d’être consulté, à chaque étape, afin de pouvoir exiger des explications claires et rassurer vos membres. Votre rôle est essentiel.

1. Consultation et explication

L’IA générative et ses outils sont facilement accessibles et déjà utilisés par bon nombre de membres de la CSQ. Si des travailleuses et travailleurs expriment des préoccupations quant au recours à cette technologie, il est recommandé d’en discuter collectivement afin de trouver les meilleures façons d’aborder les enjeux et de dégager des solutions qui font consensus.

Avant d’acquérir ou d’implanter toute technologie d’IA, l’employeur doit consulter le personnel et les syndicats. Cette étape est essentielle afin de s’assurer que les outils choisis bénéficient aux membres du personnel et améliorent l’organisation du travail.

Questions à se poser :

  • L’employeur a-t-il consulté le personnel et les syndicats concernant l’introduction de nouvelles technologies d’IA au travail?
  • L’employeur a-t-il expliqué les raisons qui justifient l’introduction d’un nouvel outil d’IA et la façon dont celui-ci pourra améliorer les tâches ou l’organisation du travail?
  • L’employeur a-t-il consulté le personnel et les syndicats avant, pendant et après le déploiement de la technologie d’IA?

2. Balises et encadrement

Toutes les technologies d’IA, particulièrement les dialogueurs externes à l’organisation, comportent des risques relatifs à l’éthique, à la qualité des résultats et à la confidentialité des données. Voilà pourquoi tout employeur doit adopter des politiques encadrant l’utilisation de l’IA au travail, élaborées en collaboration avec le personnel et les syndicats.

Questions à se poser :

  • L’employeur a-t-il consulté le personnel et les syndicats dans l’élaboration des politiques internes relatives à l’IA?
  • L’employeur a-t-il fait le nécessaire pour faire connaitre les balises et l’encadrement en vigueur?

3. Charge de travail

L’IA ne doit pas entrainer une augmentation de la charge de travail ni l’intensification du rythme de travail. Il est important de surveiller l’évolution de son implantation pour s’assurer que ce n’est pas le cas. Toute réduction de la charge de travail obtenue ne doit pas être compensée par de nouvelles tâches dans d’autres domaines.

Question à se poser :

  • L’employeur a-t-il effectué une évaluation de l’incidence de la technologie existante ou émergente sur la charge de travail?

4. Formation continue (perfectionnement professionnel)

L’employeur doit offrir une formation adéquate pour permettre au personnel de maitriser tout nouvel outil, avant et pendant son utilisation. Les exigences de la formation ne doivent pas alourdir la charge de travail globale.

Questions à se poser :

  • L’employeur a-t-il offert une formation adéquate touchant les nouveaux outils d’IA ?
  • Le personnel a-t-il eu l’occasion d’essayer ou d’utiliser les outils avant leur introduction afin d’évaluer leurs répercussions sur le travail et de déterminer les besoins de formation?

5. Vie privée et protection des données

L’employeur doit garantir la confidentialité des données des membres du personnel ainsi que des usagères et usagers de ses services. Les systèmes d’IA doivent respecter les lois et les règlements en matière de protection des données et de la vie privée.

L’employeur doit fournir des directives claires et de la formation sur la protection des données en lien avec les outils ou systèmes d’IA qu’il propose, recommande ou autorise.

Questions à se poser :

  • La façon dont l’IA utilise les données a-t-elle été expliquée de manière complète afin que comprennent bien l’utilisation de leurs données?
  • En cas de contestation, toutes les parties prenantes connaissent-elles leurs droits?

6. Suivi continu et participation du personnel

La fin de l’implantation des outils de l’IA ne marque pas la fin du processus. Toute nouvelle technologie doit être évaluée régulièrement afin de s’assurer de son bon fonctionnement et des avantages qu’elle apporte aux travailleuses et travailleurs, ainsi qu’aux usagères et usagers.

Question à se poser :

  • L’employeur a-t-il instauré une période de révision régulière afin d’évaluer les conséquences de la technologie sur la qualité des services, l’organisation du travail et le bienêtre du personnel?

L’IA n’est pas une tendance passagère. Elle transforme les milieux de travail. Devant cette réalité, l’inaction n’est pas une option. Les syndicats doivent occuper pleinement leur rôle afin que ces changements ne soient ni improvisés ni imposés. L’implantation de l’IA doit se faire avec les travailleuses et travailleurs, jamais sans eux!