Société

Violence chez les jeunes : « Après la prise de conscience, on fait quoi? »

4 février 2026

Les données du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) quant à la hausse des crimes violents commis par les jeunes partout au Québec, les enjeux de violence mis en évidence aux abords de l’école Antoine-Brossard et la sortie du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) sont révélateurs et hautement préoccupants, affirme la CSQ.

Par :

Maude Messier, conseillère CSQ
Audrey Parenteau, rédactrice en chef

À l’automne dernier, Radio-Canada révélait que, « en trois ans, le nombre d’accusations déposées par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) envers des mineurs a augmenté de 22 % », passant de 17 426 accusations en 2022 à 21 324 en 2024. Les crimes commis par les adolescents québécois seraient également de plus en plus graves, selon Radio-Canada.

Le SPAL a récemment annoncé avoir entrepris des actions pour endiguer la hausse de la criminalité aux abords d’une école de Longueuil. Affrontements violents, possession d’armes létales et chargées, incendies criminels, voies de fait, etc. Le SPAL rapporte « qu’une personne sur cinq impliquée dans un crime violent sur le territoire de l’agglomération de Longueuil est âgée entre 12 et 17 ans ». Or, le phénomène explose aussi ailleurs au Québec.

« Chaque fois que des cas font les manchettes, c’est troublant, dit le président de la CSQ, Éric Gingras. À la Centrale, on dénonce depuis plus de deux ans la banalisation de la violence, la hausse des incidents violents, de même que les incivilités dans nos milieux. On ne peut que saluer la prise de conscience collective indiquant que les enjeux de violence chez les jeunes existent au-delà des murs de nos établissements : ils sont aussi le reflet de notre société. »

De la petite enfance à l’enseignement supérieur, en passant par tout le réseau scolaire, ainsi que dans les établissements du réseau de la santé, le message est le même partout : la violence constitue un enjeu récurrent et une préoccupation majeure pour le personnel.

« À force d’en parler, de dénoncer, d’illustrer, le constat semble aujourd’hui largement partagé. Mais la question maintenant c’est : quelle est l’étape suivante? », questionne Éric Gingras.

La CSQ rappelle que si la collaboration de toutes et de tous est nécessaire, la répression policière devrait être un dernier recours. « On a beaucoup de travail à faire en amont en matière de sensibilisation et de prévention. La violence est un enjeu de société, et il faut s’en occuper collectivement. Ça commence à la maison, dans le quartier, dans nos communautés, sur les écrans, dans les sports mineurs et récréatifs, etc. Chacun a son rôle à jouer. Pour la Centrale, c’est un enjeu de société qui doit s’inscrire dans une future campagne électorale. C’est aussi un engagement envers le Québec de demain, envers nos jeunes, pour une société où la violence n’est pas tolérée », ajoute Éric Gingras.