Enseignement supérieur
Universités : le sous-financement frappe les campus
24 septembre 2026
Le sous-financement des universités se fait sentir directement sur les conditions de travail et d’études. C’est le message porté le 22 septembre dernier par la Table des partenaires universitaires (TPU), qui a coordonné une mobilisation simultanée dans 16 établissements québécois, à laquelle ont participé la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ) et la Fédération de la recherche et de l’enseignement universitaire du Québec (FREUQ-CSQ). Les partenaires réclament un réinvestissement public dans le réseau universitaire pour préserver les services, les emplois et la qualité de la formation.
Par Audrey Parenteau, rédactrice en chef
À midi, les membres de la communauté universitaire ont déployé des bannières sur lesquelles était inscrit « L’université, un bien commun : investir dans nos universités, c’est investir dans tout le Québec ». « Cette action de visibilité visait notamment à interpeller les partis politiques en vue de la campagne électorale. Présentement, ils ne parlent pas du financement des universités, de la surcharge de travail, de la précarité des emplois et de celle des étudiantes et étudiants. On veut que les partis politiques se positionnent sur l’avenir des universités au Québec », a précisé la vice-présidente de la CSQ, Valérie Fontaine.
Des compressions qui alourdissent la tâche
Pour la FPSES-CSQ et la FREUQ-CSQ, toutes deux membres de la TPU, le sous-financement des universités se traduit notamment par des postes non pourvus, une surcharge de travail, une précarisation des emplois et une diminution des services offerts aux étudiantes et aux étudiants.
Dans les universités, les conséquences se font particulièrement sentir chez le personnel de soutien et le personnel technique. Selon la présidente de la FPSES-CSQ, Frédérique-Jade Belzile, « les membres des syndicats universitaires affiliés à notre fédération sont directement touchés par le sous-financement et les décisions que doivent prendre les directions dans ce contexte. Trop souvent, en période d’austérité, ces catégories d’emploi, qui sont perçues comme du superflu, sont celles où l’on coupe en premier pour faire des économies de tiroir. Pourtant, le personnel de soutien et le personnel technique offrent des services essentiels pour l’entretien et la sécurité des lieux, ainsi que des services administratifs et d’aide aux personnes étudiantes, au personnel professionnel et chargé de cours, et à la direction. »
Les conséquences se répercutent aussi sur les équipes qui demeurent en poste. Des membres de la FPSES-CSQ rapportent une surcharge de travail importante : lorsqu’un départ n’est pas remplacé, la tâche est redistribuée, ce qui peut accentuer l’épuisement et provoquer de nouveaux départs.
Du côté de la FREUQ-CSQ, qui représente les chargées et chargés de cours, le personnel professionnel de recherche et les responsables de formation pratique, les effets du sous-financement se manifestent de différentes façons. Chez les chargées et chargés de cours, par exemple, le président de la FREUQ-CSQ, Vincent Beaucher, explique que, lorsque les programmes réduisent leur offre de cours et fusionnent des groupes pour réduire les coûts, certaines tâches sont supprimées. Les chargées et chargés de cours, qui obtiennent les cours après les professeures et professeurs d’université, sont alors directement touchés.
Pour les professionnelles et professionnels de recherche, c’est le financement de la recherche qui constitue le principal enjeu. Une diminution des fonds signifie moins de projets, moins de contrats, et des emplois plus précaires.
Le sous-financement entraîne aussi des répercussions sur la formation offerte aux étudiantes et étudiants. Dans certains programmes, la réduction des activités de formation pratique peut engendrer un recours accru à des formules d’enseignement plus traditionnelles, diminuant ainsi les occasions d’acquérir une expérience concrète.
Des effets qui dépassent les campus
Pour Vincent Beaucher, l’action du 22 septembre visait précisément à rappeler que le financement universitaire relève d’une responsabilité collective : « Le message principal est envoyé : le financement universitaire est déficient », affirme-t-il.
Cette situation a aussi des effets sur l’ensemble de la société. Plusieurs programmes universitaires mènent à des emplois où des pénuries de personnel sont déjà observées, précise Frédérique-Jade Belzile. La réduction des services aux étudiantes et aux étudiants pourrait, selon elle, restreindre leurs chances de réussite et contribuer à accentuer ces pénuries.
Un financement à revoir
La TPU demande aux partis politiques de faire connaître, d’ici le 5 octobre, jour des élections provinciales, leur vision de l’université québécoise et les moyens qu’ils comptent consacrer à sa mission. Elle souhaite savoir s’ils s’engagent à réinvestir des fonds publics, comment ils entendent préserver l’accessibilité aux études et quelles mesures ils proposent pour assurer des conditions de travail et d’études adéquates.
Selon Vincent Beaucher, une mise à jour de la formule de financement permettrait notamment de mieux tenir compte de la croissance récente de la population étudiante dans certaines universités. Il estime également nécessaire de réinvestir dans la recherche ainsi que dans les infrastructures.
La mobilisation du 22 septembre aura permis de placer le financement des universités dans l’espace public à l’approche des élections provinciales du 5 octobre. Pour les fédérations et les syndicats affiliés à la CSQ, l’enjeu est directement lié aux conditions dans lesquelles leurs membres peuvent exercer leur travail et aux services que les universités sont en mesure d’offrir à la population.
Quelques photos prises dans les différentes universités du Québec :