Syndicalisme
Une tournée du Québec qui se conclut en Outaouais
25 juin 2026
C’est en Outaouais, le 22 juin, que la CSQ a conclu sa tournée des régions. Celle-ci l’a menée aux quatre coins du Québec pour parler des différents projets de loi antisyndicaux et de leurs répercussions sur l’action collective des syndicats, et pour interpeller la population quant au rôle social des organisations syndicales et de leur importance dans les collectivités.
Par Maude Messier, conseillère CSQ
Les derniers mois ont été difficiles pour le climat social au Québec et, dans le contexte de la campagne électorale qui s’amène, la CSQ en appelle à un changement de ton et un retour du dialogue, dans l’intérêt commun.
« Les Québécoises et les Québécois se sont braqués devant la stratégie d’affrontement et de division électoraliste du gouvernement de François Legault. La preuve, c’est qu’il n’en est plus, a rappelé le président de la CSQ, Éric Gingras, lors d’un point de presse. N’empêche, on est pris avec de nouvelles lois qui viennent complètement changer le paysage, tant en matière de relations de travail, de négociations collectives, de santé et sécurité du travail et de représentation syndicale. Ce sont aussi les contre-pouvoirs qui ont été visés. Est-ce vraiment le Québec que nous voulons pour demain? À la CSQ, on tend la main au gouvernement, de même qu’aux différents partis politiques, pour une vision rassembleuse, à l’aube des prochaines élections générales. »
« Dans notre mission, il y a plus que la négociation collective, il y a aussi l’intérêt commun. Les travailleuses et les travailleurs que nous représentons sont des citoyennes et des citoyens du Québec. La société dans laquelle nous vivons et évoluons a des effets directs et concrets sur leur vie et, oui, sur leurs milieux de travail. Ce qui se passe entre les murs de nos établissements, nos écoles, nos collèges, nos hôpitaux et nos services éducatifs en petite enfance, ça s’enracine bien plus largement dans la société. Les organisations syndicales ne sont pas dans une bulle à part : nous sommes au cœur des communautés, partout à travers le Québec », a ajouté Éric Gingras.
La violence comme enjeu de société
Un des exemples actuels les plus probants pour la CSQ est le dossier de la violence. Il s’agit d’un enjeu majeur et prioritaire pour la Centrale, qui reflète les préoccupations et la réalité quotidienne des membres.
« Si l’on devait se limiter aux seules conventions collectives comme le voudraient certains, on ne pourrait pas travailler sur l’aspect sociétal de la violence. Et ce serait alors une aberration, parce que ce sont nos membres qui nous mandatent pour le faire! Tout comme ce sont elles et eux qui réclament que nous fassions toutes les représentations nécessaires pour que se tienne enfin une grande réflexion collective en éducation », a ajouté Éric Gingras, tout en insistant sur le fait qu’au fil des rencontres pendant cette tournée, la violence constitue le sujet numéro un dans les échanges.
Se parler d’éducation
« Il faut se parler d’éducation, pour de vrai. De la réussite éducative des jeunes et d’égalité des chances. Le temps est venu de réunir tous ensemble le gouvernement, les syndicats, les directions d’établissements, les parents, les spécialistes et les personnes expertes, etc., et de jouer cartes sur table. Faire de l’éducation une priorité nationale, c’est un choix politique et social, et tout le monde a un rôle à remplir. Le Québec est mûr pour une grande réflexion en éducation, dans le but d’établir un plan pour les quelque quinze prochaines années. Notre réseau a grandement besoin de vision et de leadership. »
Dans un contexte de polarisation, la CSQ propose plutôt le dialogue et travaille à la cohésion sociale. « Le problème, ce n’est pas l’immobilisme ou l’obstruction syndicale, comme certains se plaisent à dire, mais bien l’absence de dialogue social. Il faut se parler, s’adapter et trouver une voie de passage dans l’intérêt commun, c’est ça, le leadership. Mais encore faut-il pouvoir en discuter, parce que la prochaine campagne électorale est à nos portes! »