Le verbe objecter signifie « répondre, répliquer à l’aide d’un argument contraire » ou encore « donner pour raison ». Il a pour synonyme protesterprétexter. Voici deux exemples où il est utilisé à bon escient :

Il objecta que la distance à parcourir était trop grande pour de jeunes enfants.
Elle objecta une migraine pour quitter le travail plus tôt.

Par contre, c’est une erreur typiquement québécoise que de l’utiliser à la forme pronominale : s’objecter. Pour remplacer cet anglicisme, la Banque de dépannage linguistique et divers dictionnaires nous proposent : s’opposer àdésapprouverfaire objection àvoir un inconvénient àprotesterêtre contrese prononcer contre ou encore s’élever contre.

Exemples :

Les étudiants se sont élevés contre (au lieu de : se sont objectés à) l’augmentation des droits de scolarité.
La juge ne s’est pas opposée (au lieu de : ne s’est pas objectée) à la requête.
Personne n’a fait objection (au lieu de ne s’est objecté) à ce que nous examinions les rapports.

Saviez-vous que…?

La lettre a été intégrée à l’alphabet français uniquement vers le milieu du 20e siècle. C’est en partie pour cette raison que certains lexicographes du Québec déconseillaient l’emploi des mots anglais tramway et wagon pour nommer ces engins au 19e siècle. En effet, jusque dans les années 1950, on les appelait respectivement petits chars et gros chars, contrairement à l’usage en France, où on a plutôt opté pour l’intégration de tramway et de wagon au vocabulaire, et ce, dès la mise en service de ces moyens de transport. Ces explications sont tirées du site ExpoDicos, produit par le Centre de recherche interuniversitaire sur le français en usage au Québec et l’Université de Sherbrooke. Pour retracer le parcours de ces mots et de quelques autres, visitez le site ExpoDicos.