Santé
Santé Québec: un échec dénoncé
19 février 2026
Les organisations syndicales du milieu de la santé, dont la CSQ et sa Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ), réclament un changement de cap majeur concernant Santé Québec. Dans une lettre ouverte publiée dans La Presse, elles affirment que la réforme constitue un échec et appellent les partis politiques à revoir leurs positions. Selon elles, le gouvernement doit cesser d’affaiblir le réseau public au profit d’une structure bureaucratique du secteur privé.
Par Audrey Parenteau, rédactrice en chef
Moins d’un an après la mise en place de Santé Québec, les organisations syndicales dressent un constat sévère. S’appuyant sur un récent sondage Léger rendu public dans La Presse, elles soutiennent que « le gouvernement et son agence ont échoué sur toute la ligne » et que « le jugement des Québécoises et Québécois est sans appel : Santé Québec est un monstre bureaucratique inefficace, centralisateur et inutile ».
Si « plus des trois quarts des personnes interrogées estiment que les soins offerts par les travailleuses et les travailleurs de la santé et des services sociaux sont de bonne qualité », 77 % jugent néanmoins que « le réseau fonctionne mal ». Pour les syndicats, le décalage démontre que le problème ne réside pas dans le travail des soignantes et des soignants, mais dans les choix structurels imposés par le gouvernement.
Compressions et privatisation dénoncées
Les organisations syndicales reprochent à Santé Québec d’avoir « sabré dans les services » afin d’ériger une « mégastructure lourde et gourmande ». Elles dénoncent l’abolition de postes de terrain, la réduction des services directs à la population et, en parallèle, la multiplication des postes de cadres ainsi que des contrats accordés à des firmes privées.
Selon les organisations, cette dynamique alimente un cercle vicieux : l’appauvrissement du réseau public pousse le personnel et la clientèle vers le privé, lequel profite ensuite des failles du système. « Le réseau public continue de s’appauvrir à mesure qu’on lui impose des compressions et que le secteur privé le vampirise de son personnel et de son expertise. Il n’est alors plus en mesure de fournir les services dont la population a besoin, laissant ainsi toute la place au privé, qui continue de s’enrichir avec la maladie », écrivent-elles.
Appel aux partis politiques
Dans ce contexte, les centrales syndicales demandent aux partis aspirant à gouverner le Québec de s’engager à « écouter la population » et à renverser la tendance actuelle. Elles estiment que le moment est propice à un « changement de cap radical ».
Les organisations signataires de la lettre ouverte soutiennent que la population souhaite des investissements dans le personnel soignant plutôt que dans les structures administratives. « Donnons-leur des soins et des services accessibles et gratuits maintenant, avant que notre réseau public ne soit réduit à une coquille vide », concluent-elles, pressant les décideuses et décideurs d’agir avant qu’il ne soit trop tard.
Lisez l’intégralité de la lettre ouverte Santé Québec : un constat d’échec qui ne surprend personne sur le site de La Presse.
