International, Syndicalisme
Protection du droit de grève : victoire historique pour les travailleuses et travailleurs à l’échelle mondiale
22 mai 2026
La Cour internationale de Justice confirme la protection du droit de grève au regard de la Convention no 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, de l’Organisation internationale du travail (OIT). La décision réaffirme que la grève fait partie des activités essentielles à l’exercice de la liberté syndicale, un avis qui réjouit la CSQ.
Par Maude Messier, conseillère CSQ
Cet avis consultatif renforce ainsi les décisions récentes de la Cour suprême en matière de liberté d’association et de protection du droit de grève. Celles-ci s’appuyaient notamment sur l’état du droit international pour reconnaître le recours à la grève comme faisant partie intégrante de la liberté d’association protégée par nos chartes.
« Cet avis était très attendu par les organisations syndicales, ici comme à l’international, parce qu’il pourrait avoir des implications importantes. Dans un contexte où les droits syndicaux sont attaqués de toutes parts, il s’agit là d’une victoire incontestable et d’un message fort! », de réagir le président de la CSQ, Éric Gingras.
Cette victoire pourrait d’ailleurs avoir des retombées concrètes au Québec, notamment dans le dossier de contestation juridique du projet de loi no 89. « Pour le dire simplement, restreindre le droit de grève revient à aller à l’encontre des chartes et des traités internationaux auxquels on souscrit. Le message qui est envoyé aux gouvernements, dont celui du Québec, est donc très clair : la voix des travailleuses et travailleurs ne peut être réduite au silence, et leur droit à l’action collective et à la grève est protégé. Et plutôt que de s’affairer à imposer des restrictions injustifiées aux droits des travailleuses et des travailleurs, vaudrait mieux s’engager dans un réel dialogue social. »
La CSQ est affiliée à l’Internationale de l’Éducation et siège au Bureau exécutif. Elle est aussi affiliée à la Confédération syndicale internationale (CSI), qui regroupe plus de 330 organisations issues de plus de 160 pays et représentant environ 200 millions de membres. La CSQ rappelle que ces affiliations internationales permettent d’influencer les politiques mondiales auprès d’organisations de partout dans le monde, dont l’Organisation internationale du travail (OIT).
« C’est de nous donner les moyens d’agir sur le cours des choses et de prendre part à un dialogue social à un tout autre niveau. Parce que les luttes syndicales menées au Québec trouvent écho dans celles menées par nos collègues ailleurs dans le monde. Ces lieux d’échanges sont nécessaires, tout spécialement dans le contexte sociopolitique et économique actuel. Les droits des travailleuses et des travailleurs n’ont pas de frontière, la solidarité non plus. Et cet avis nous le confirme une fois de plus », conclut Éric Gingras.
Pour en savoir plus, consultez l’avis de la Cour internationale de Justice.