Éducation
Outaouais : les besoins augmentent, les ressources diminuent
22 septembre 2026
En Outaouais, la population étudiante augmente et les besoins des élèves se complexifient. Or, les ressources ne suivent pas le rythme dans plusieurs centres de services scolaires de la région. Les données présentées récemment par les représentantes et représentants syndicaux montrent notamment une hausse importante du nombre d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA), alors que les effectifs de personnel de soutien et de services directs aux élèves diminuent.
À l’occasion d’un point de presse tenu le 18 septembre dernier, les représentantes et représentants de la CSQ et de ses fédérations, la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), la Fédération du personnel professionnel de l’éducation (FPPE-CSQ) et l’Association provinciale des enseignantes et enseignants (APEQ), ont brossé un portrait préoccupant de la situation dans les centres de services scolaires (CSS) des Draveurs, des Portages-de-l’Outaouais et de la Commission scolaire (CS) Western Québec.
« Les besoins dans nos écoles continuent d’augmenter alors que les ressources diminuent. Le gouvernement doit donner aux milieux les moyens d’offrir des services à la hauteur des attentes de la population », a dit la présidente de l’APEQ, Heidi Yetman.
Davantage d’élèves ayant des besoins particuliers
La hausse du nombre d’élèves HDAA illustre particulièrement bien la pression qui s’exerce sur les équipes-écoles. Au CSS des Draveurs, ils sont passés de 4 841 en 2021-2022 à 5 132 élèves en 2025-2026. À la CS Western Québec, le nombre d’élèves HDAA est passé de 2 341 à 2 650 entre 2021-2022 et 2025-2026. Du côté du CSS des Portages-de-l’Outaouais, même si le compte a légèrement diminué en 2025-2026, il demeure à un niveau élevé avec 4 789 élèves nécessitant des besoins particuliers.
Moins de personnel pour répondre aux besoins
Alors que les besoins augmentent, les effectifs diminuent. Le gel de recrutement nuit aux efforts des organismes scolaires pour y remédier. « Le personnel de soutien est au cœur des services offerts aux élèves. Lorsqu’on réduit les effectifs malgré la croissance des besoins, ce sont les élèves qui en subissent les conséquences », explique le président de la FPSS-CSQ, Éric Pronovost.
Par ailleurs, « avec l’exode des professionnelles et professionnels, des parents n’ont d’autre choix que de se tourner vers le privé pour répondre aux besoins de leur enfant », déplore le vice-président de la FPPE-CSQ, Rémi Fortin.
Des écoles qui vieillissent
L’état des infrastructures scolaires constitue également un enjeu majeur. Au CSS des Draveurs, les bâtiments ont en moyenne 49 ans et nécessitent des investissements de 4,5 millions de dollars pour leur maintenance. En ce qui concerne le CSS des Portages-de-l’Outaouais, les besoins sont encore plus importants, atteignant 59,1 millions de dollars pour des établissements dont l’âge moyen est de 43 ans. À la CS Western Québec, les bâtiments affichent un âge moyen de 54 ans et les besoins de maintien d’actifs sont évalués à 40,6 millions de dollars.
Un appel à investir en éducation
Pour les organisations syndicales, ces données démontrent la nécessité d’investissements accrus afin de répondre adéquatement aux besoins des élèves et de soutenir le personnel qui œuvre quotidiennement dans les écoles. Elles espèrent que le prochain gouvernement aura le courage d’entreprendre un changement profond en éducation et ça passe par une grande réflexion commune de tous les acteurs.
Les porte-paroles rappellent que la réussite éducative repose sur des équipes complètes, des services adaptés aux élèves les plus vulnérables ainsi que des établissements scolaires sécuritaires, fonctionnels et bien entretenus.
« Les données présentées aujourd’hui démontrent clairement que les défis sont bien réels. Investir en éducation n’est pas une dépense, c’est un choix de société qui mérite une grande réflexion collective », a conclu la vice-présidente de la CSQ, Valérie Fontaine.
