Ça ne fait plus aucun doute. Les derniers événements malheureux survenus il y a quelques jours au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu et dans un parc tout près du Collège Montmorency ne sont pas sans rappeler ceux, horribles, de Polytechnique, en 1989, et du Collège Dawson, en 2006. Les récits l’ont clairement démontré : nos communautés collégiales et universitaires ne sont pas toutes prêtes pour faire face à des situations d’urgence.

Il y a bien des listes de procédures à suivre en cas d’urgence, affichées dans nos établissements, mais c’est nettement insuffisant. Ce n’est pas lorsque l’alarme retentit qu’il est temps de lire ou de relire les instructions pour savoir quoi faire. Il est déjà trop tard. Chaque minute qui passe peut faire des victimes.

Des plans d’urgence incomplets

Les plans d’urgence de nos établissements d’enseignement ne peuvent plus se réduire à une liste d’actions à faire ou à éviter en cas d’alarme. On l’a vu la semaine dernière : trop de personnes, tant chez le personnel que parmi les étudiantes et les étudiants, sont prises au dépourvu lorsque survient une situation d’urgence.

Nous devons mieux préparer nos communautés collégiales et universitaires à des situations d’urgence. Il faut mettre au point une formation théorique et pratique à l’intention de toutes les catégories de personnel ainsi que des étudiantes et étudiants pour qu’ils sachent comment réagir advenant l’imminence d’un drame.

Une formation obligatoire pour toutes et tous

Nous connaissons tous les exercices en cas d’incendie et nous y participons régulièrement pour nous garder alertes. Des formations sont devenues obligatoires pour toute la communauté collégiale et universitaire pour mettre fin à la violence à caractère sexuel sous toutes ses formes. Une formation obligatoire doit maintenant s’étendre à la préparation en cas de situation d’urgence pour prévenir les risques et assurer la sécurité de tous.

Une telle initiative ne doit pas être laissée à la seule bonne volonté des directions. Le gouvernement du Québec doit la rendre obligatoire, comme il a su le faire avec raison dans le dossier de la violence à caractère sexuel. Le ministère de la Sécurité publique pourrait d’ailleurs coordonner une telle opération, en collaboration avec les services d’urgence, tant pour la préparation du contenu que pour la mise en application de la formation.

Un exemple à suivre

À la suite des récents événements, la direction du Collège Ahuntsic a informé sa communauté qu’elle lui offrira prochainement des formations sur les mesures d’urgence, incluant les cas de confinement et de tireur actif. Cette initiative est la voie à suivre et elle doit être reprise dans l’ensemble de nos établissements d’enseignement supérieur.

Que nous le voulions ou non, notre monde a changé. Des situations, que l’on croyait autrefois extrêmes et exceptionnelles, sont devenues aujourd’hui moins improbables. Plus personne n’est à l’abri d’un drame ou d’une situation d’urgence. Nous devons nous préparer au pire tout en continuant d’espérer qu’il n’arrive jamais.

Valérie Fontaine, présidente de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ)
Vincent Beaucher, président de la Fédération de la recherche et de l’enseignement universitaire du Québec (FREUQ-CSQ)
Éric Cyr, président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ)
Youri Blanchet, président de la Fédération de l’enseignement collégial (FEC-CSQ)