Société

LETTRE OUVERTE | PEQ: prioriser le secteur de la santé ne suffira pas

10 février 2026

Alors que de plus en plus de voix dénoncent l’arrêt brutal du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), sans préavis ni mesures transitoires, le ministre Jean-François Roberge commence à jeter du lest pour les travailleuses et les travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux après des mois à se montrer inflexible. Il rejette néanmoins coûte que coûte l’instauration de la clause « grand-père » réclamée de toutes parts, tant par les personnes immigrantes que par les municipalités, les employeurs et les organisations syndicales.

Rarement a-t-on vu un tel consensus social rejeté si fermement par un gouvernement qui prétend gouverner selon le gros bon sens.

Sa promesse récente de sélectionner les personnes œuvrant dans la santé et les services sociaux ne suffira pas à rassurer complètement les personnes affectées ni à convaincre du bien-fondé de cet entêtement.

Malgré cette nouvelle promesse, une forme d’incertitude perdurera. Dans quels délais obtiendront-ils leur sésame ? Et qu’en est-il de leurs proches ? La machine administrative pourra-t-elle suivre, et ce, avant la fin de l’échéance de leur permis de travail ? Et en cas d’échec, combien des 6 300 personnes touchées ne seront plus en mesure de mettre l’épaule à la roue alors que nos services publics se fissurent et que nous devons composer avec une croissance constante des besoins dans la population.

Ces personnes, travailleuses sociales, infirmières, préposées aux bénéficiaires, entre autres, qui ont répondu à l’appel du Québec avec le profond désir de s’y établir pour longtemps, méritent des réponses claires.

Au-delà des chiffres, ce sont des projets de vie qui sont changés lorsque le Québec modifie les règles du jeu en cours de partie. Personne n’en sort gagnant!

Pour sortir de la crise, le ministre Roberge doit faire preuve d’humanité et prendre la pleine mesure de la détresse des familles immigrantes.

L’instauration d’une clause « grand-père » est essentielle pour éviter que la situation s’envenime et que nos services publics soient fragilisés davantage.

Par cette lettre, nous appelons à la solidarité de toute la population avec les personnes touchées par la fin du PEQ. Parce qu’au Québec, ces personnes font partie de notre société, de nos milieux de travail, et de notre avenir. Parce que le Québec, c’est elles et eux aussi !

Signataires :

Robert Comeau, président de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)

Pascal Côté, troisième vice-président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Sonia Bureau, présidente par intérim du Conseil provincial des affaires sociales (CPAS) du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Julie Bouchard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)

Jessica Goldschleger, présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN)

Réjean Leclerc, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN)

Déreck Cyr, président de la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ).

Guillaume Bouvrette, président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)

Sylvie Nelson, présidente du Syndicat québécois des employées et employés de services, section locale 298 (FTQ)