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« L’éducation, ça nous regarde! », insiste la CSQ

17 août 2026

 À la veille de la rentrée 2026-2027, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses fédérations du réseau scolaire rappellent que l’éducation doit faire partie des enjeux prioritaires de la campagne électorale qui sera déclenchée dans les prochains jours.

« Sans vouloir tomber dans les clichés, il faut comprendre qu’on arrive à un point de bascule : ça passe ou ça casse en éducation. Depuis une vingtaine d’années, on a eu droit à toute une valse de gouvernements successifs qui ont tenté de rapiécer et de rabouter le réseau scolaire. Ce n’est pas d’un “rebranding” à coups d’annonces et d’idées “magiques” pour faire des clips de 30 secondes dont on a besoin, mais bien d’un gouvernement qui aura le courage politique de faire le travail en profondeur qui s’impose », fait valoir le président de la CSQ, Éric Gingras.

Réunis dans le cadre d’une conférence de presse conjointe, le président de la CSQ et les autres présidences du réseau scolaire, Richard Bergevin de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Éric Pronovost de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) et Carolane Desmarais de la Fédération du personnel professionnel de l’éducation (FPPE-CSQ), sont unanimes à l’effet que cette rentrée scolaire est intrinsèquement liée à la campagne électorale qui s’amorce.

« On a une pensée spéciale pour les élèves ces jours-ci. La rentrée, c’est effervescent. C’est aussi le moment de tous les possibles, pour le personnel aussi d’ailleurs. Et c’est beaucoup à elles et eux que nous pensons en ce moment, aux efforts déployés jour après jour pour la réussite des jeunes et des moins jeunes, à l’énergie dépensée et investie sans compter pour s’assurer que tout se déroule bien. Mais à quel prix? », fait valoir Éric Gingras.

Année après année, les statistiques sur la pénurie de personnel occupent l’espace public dès la mi-août. Bien que ce soit un enjeu majeur, la Centrale et ses fédérations déplorent que l’on s’attarde surtout à l’arbre qui cache la forêt.

« C’est tout un enjeu de société quand la pénurie de personnel perdure, qu’on peine à attirer et, plus encore, à retenir les effectifs… sans compter que celles et ceux qui restent sont à risque ou ne vont carrément pas bien. On fait dire un peu ce qu’on veut aux chiffres pour calibrer le portrait global, on se contente de maigres améliorations dans le tableau de bord et on se satisfait presque d’avoir un adulte en classe. Voyons donc, on peut tellement faire mieux, il faut absolument faire mieux! Il y a un travail de fond à faire, un projet collectif et une vision à développer. Mais il nous faut un gouvernement qui aura le courage politique de prendre les choses en mains et de voir au-delà des retombées électoralistes à court terme. »

Le changement en éducation passe par une grande réflexion

La CSQ et ses fédérations estiment que, pour reformer le contrat social en éducation, il faut une grande réflexion collective réunissant l’ensemble des acteurs du milieu de l’éducation, demande répétée par la CSQ depuis plusieurs mois et portée auprès des différents partis politiques par ailleurs.

Les enjeux qui secouent le réseau de l’éducation résident dans les fondements et dans la mission même de l’éducation. « La population appuie le personnel de l’éducation, c’est plutôt le manque de soutien, les structures et les infrastructures qui sont en cause. Et les choix politiques du gouvernement ne font qu’accentuer le bris de confiance. Et à la CSQ, c’est ce sur quoi on travaille : nos orientations ont été actualisées avec le grand chantier que nous avons mené avec les membres et nous nous apprêtons à lancer notre nouvelle plateforme de revendications. Autrement dit, à la CSQ, on est prêt pour tenir une grande réflexion en éducation et nous continuerons d’en parler dans les mois à venir. », soutiennent les dirigeantes et les dirigeants syndicaux.

« On veut parler de la réussite éducative des jeunes, de l’égalité des chances, de la mixité scolaire et sociale. On veut parler d’éducation, pour de vrai. On veut un plan, un projet collectif, structurant et inspirant pour le Québec de demain. Et on pense sincèrement qu’il n’y a pas de projet collectif plus porteur pour l’avenir du Québec que d’avoir un plan pour notre réseau d’éducation issu d’un consensus social. »

Être à l’écoute des enseignantes et enseignants

En cette période électorale, la FSE-CSQ invite l’ensemble des partis politiques à se mettre à l’écoute du personnel enseignant. Un des grands enjeux du réseau est de s’assurer de la qualité des services éducatifs, qui passe par des solutions concrètes et porteuses pour atténuer la pénurie. Les enseignantes et enseignants de la FSE adhèrent à l’idée de la grande réflexion et ils ont des attentes claires pour une vision à long terme.

« Il faut d’abord soutenir les enseignantes et enseignants qui sont en poste en leur donnant de l’oxygène. Il faut aussi mieux accompagner la relève, tout comme celles et ceux qui doivent parfaire leur formation pour être dûment qualifiés. Nous avons fait de nombreuses propositions en ce sens, comme les entrevues de départ, dont nous suivrons avec vigilance la mise en application obligatoire et les nécessaires prises de conscience qui en découleront. » – Richard Bergevin, président de la FSE-CSQ.

La fin des mesures protégées

« À l’aube d’une campagne électorale déterminante, les candidates et candidats doivent se prononcer clairement sur l’avenir de l’éducation et reconnaître le rôle essentiel du personnel de soutien scolaire. La violence demeure bien réelle dans nos milieux, et il est temps de passer à l’action plutôt que d’attendre de nouveaux rapports. Au cours de la prochaine année scolaire, nous serons vigilants quant aux règles budgétaires, notamment pour s’assurer que la fin des mesures protégées n’entraînera pas de recul, en particulier dans les services de garde en milieu scolaire. Les sommes prévues pour les enfants à besoins particuliers doivent atteindre leur cible. Chaque étudiante et étudiant a droit à un accompagnement adapté et suffisant pour répondre à ses besoins de manière continue, et ce, du matin jusqu’à la fin de la journée. » – Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ.

Les services aux élèves en baisse

« Le personnel professionnel de l’éducation aime l’école et continue de croire profondément à notre système public. Cela dit, il faut arrêter de penser qu’on peut toujours faire plus avec moins. Quand 67 % du personnel professionnel nous dit constater une baisse des services aux élèves, c’est qu’on atteint une limite. L’égalité des chances, ce n’est pas un beau concept abstrait : c’est au cœur de la mission de l’école, c’est même inscrit dans la Loi sur l’instruction publique. Encore faut-il avoir le courage politique de lui donner un sens concret en offrant à tous les élèves, peu importe leur région ou leur réalité, les services dont ils ont besoin pour réussir. » – Carolane Desmarais, présidente de la FPPE-CSQ.