Enjeux sociopolitiques
Laïcité : «Un projet de loi qui soulève des questions légitimes»
28 novembre 2025
La CSQ et ses fédérations des réseaux de l’enseignement supérieur, de la petite enfance et de l’enseignement privé dénoncent les zones floues du projet de loi n0 9, Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec, déposé cette semaine par le ministre Jean-François Roberge. Elles pressent le gouvernement d’agir avec prudence sur un enjeu aussi sensible.
Par Étienne Richer, conseiller CSQ
« La CSQ a toujours défendu les principes de l’égalité homme-femme et de la laïcité. Nous avons contribué activement à la déconfessionnalisation du réseau scolaire. Ce qu’on retrouve dans le projet de loi soulève des questions légitimes sur les objectifs réels poursuivis par le gouvernement. Nous appelons le gouvernement à prendre le temps d’entendre les différents points de vue, sans se laisser presser par l’échéance électorale. Ce sont des questions sensibles pour lesquelles on se doit d’agir avec prudence », a déclaré d’entrée de jeu le vice-président de la CSQ, Pascal Côté.
Les préoccupations sont ailleurs dans les cégeps et les universités
Depuis le retour en classe des étudiantes et des étudiants, les élues et élus des fédérations des réseaux de l’enseignement supérieur affiliées à la CSQ ont sillonné le Québec pour rencontrer les membres afin de les consulter sur les enjeux qui les touchent dans leur quotidien.
« Ce qui est sur toutes les lèvres dans les cégeps et les universités, c’est l’année de tous les records qu’on est en train de vivre présentement : une hausse fulgurante de la population étudiante au collégial et, défiant tout sens logique, des compressions historiques dans le financement des opérations et des pertes de postes par centaines. L’expression du fait religieux, bien franchement, ça anime peu les conversations de nos membres. Les décisions des derniers mois ont été éprouvantes, et on constate qu’elles ont entraîné une surcharge de travail ainsi qu’une perte d’expertise dans les milieux. Il ne faudrait pas que les mesures annoncées aujourd’hui amplifient cette situation », ont affirmé la présidente de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ), Valérie Fontaine, le président de la Fédération de l’enseignement collégial (FEC-CSQ), Youri Blanchet, le président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), Éric Cyr, et le président de la Fédération de la recherche et de l’enseignement universitaire du Québec (FREUQ-CSQ).
Un moratoire réclamé en petite enfance
Au cours des derniers mois, le gouvernement a multiplié les ballons d’essai concernant l’encadrement des signes religieux dans le réseau des services éducatifs à l’enfance. Pour la présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), Anne-Marie Bellerose, « aucune étude sérieuse ni donnée probante ne démontre qu’un signe religieux porté par une intervenante en petite enfance a un impact négatif sur le développement de l’enfant. Plus encore, le gouvernement reconnaît lui-même ne pas savoir combien de personnes seraient touchées ».
Elle ajoute que « les mesures prévues dans ce projet de loi ne peuvent qu’aggraver la pénurie et, ultimement, fragiliser la qualité des services offerts à la population. Un pas de recul est nécessaire concernant l’interdiction du port des signes religieux dans les centres de la petite enfance ».
Inquiétudes dans les établissements d’enseignement privé
Le projet de loi soulève de nombreuses questions et inquiétudes quant à son application et à ses conséquences au sein des établissements d’enseignement privé.
« Le ministre semble méconnaître la réalité des écoles privées et de leur personnel et cela transparaît dans la présentation qu’on a eue des différentes mesures. Il était d’ailleurs incapable de dénombrer les écoles dites religieuses au Québec, alors qu’il promet de les encadrer. Comprenons-nous bien : il n’y a rien de bien rassurant pour les membres que nous représentons. Nous lui souhaitons de trouver réponse à ces questions rapidement. », a constaté la présidente de la Fédération du personnel de l’enseignement privé (FPEP-CSQ). Marie-Josée Dallaire.