Société

La violence inquiète, la CSQ se mobilise

26 mars 2026

La violence est au cœur du conseil général de la CSQ, qui a lieu en ce moment, à Montréal, témoignant de l’ampleur des préoccupations qu’elle suscite au sein de la Centrale et de ses affiliés. Qu’elle se manifeste dans les milieux de travail ou plus largement dans la société, cette problématique interpelle et mobilise.

Par Audrey Parenteau, rédactrice en chef, et Maude Messier, conseillère CSQ

Les personnes déléguées ont pris la mesure de ces enjeux à travers, notamment, le dévoilement des résultats d’un sondage Léger sur la sécurité, l’incivilité et la violence mené auprès de la population québécoise. Si cette dernière se sent majoritairement en sécurité dans sa vie personnelle et professionnelle, elle s’inquiète du climat social (75 %).

L’enquête révèle également que :

  • 67 % des Québécoises et Québécois estiment que le climat de civilité s’est détérioré au cours des cinq dernières années; 55 % anticipent une poursuite de cette détérioration au cours des cinq prochaines années;
  • 68 % déclarent avoir entendu parler d’incivilité, et 84 % de violence, au cours des 12 derniers mois;
  • 48 % disent avoir été témoins d’incivilité, et 19 % de violence, au cours des 12 derniers mois;
  • 28 % ont été personnellement victimes d’incivilité, et 10 % de violence, au cours des 12 derniers mois;
  • 82 % estiment que le contexte social et numérique dans lequel la société québécoise évolue influence notre rapport à l’incivilité et à la violence. D’ailleurs, l’espace numérique est perçu comme un amplificateur des tensions sociales, où les échanges sont plus polarisés et les comportements agressifs plus visibles;
  • 78 % des Québécoises et Québécois qui utilisent les médias sociaux ou les applications de messagerie estiment que le niveau d’incivilité et de violence en ligne a augmenté au cours des cinq dernières années, et 68 % anticipent une aggravation dans l’avenir.

L’éventail de situations reconnues par les personnes répondantes au sondage comme constituant des formes d’incivilité ou de violence est large : intimidation, harcèlement à caractère sexuel, insultes et propos dégradants, bousculades, pression psychologique, ton agressif ou méprisant, cris lors d’un désaccord, abandon de déchets par terre, etc. Cette évolution suggère un élargissement de la définition sociale de la violence, qui dépasse désormais le cadre des gestes physiques, pour inclure les paroles, les attitudes et les comportements en ligne.

« Il faut réagir et agir collectivement »

« On sent bien, à travers ces résultats, qu’il y a une vague de préoccupations, sur différents plans, dans toutes les sphères, partout au Québec. Le malaise est palpable, personne n’y échappe », a dit le président de la CSQ, Éric Gingras, en conférence de presse. « Le feu n’est pas pris dans la maison, mais on voit et on sent la fumée. Reste qu’il s’agit d’une alarme et qu’il faut y réagir. »

Selon le sondage Léger, lorsqu’il est question de la responsabilité afin de réduire l’incivilité et la violence, les Québécoises et Québécois désignent une pluralité d’actrices et d’acteurs : les individus (70 %), les forces de l’ordre (33 %) et les gouvernements (22 %) sont principalement perçus comme ayant un rôle à jouer.

La CSQ croit, tout comme 88 % des Québécoises et Québécois, qu’il est de notre responsabilité collective d’agir contre l’incivilité et la violence. La Centrale est d’ailleurs active dans l’espace public depuis plusieurs années dans le dossier de la violence. « Aujourd’hui, à la lumière de ces constats, il faut du concret, dans les milieux de travail, à la maison, sur les réseaux sociaux, dans la sphère publique et politique également. Tout le monde a un rôle à jouer pour que les choses changent, sur tous les plans », a dit Éric Gingras.

La Centrale planche d’ailleurs sur une campagne de sensibilisation et de prévention de la violence, qui devrait se déployer dès cet automne. « Nous interpellerons toutes les parties prenantes de la société concernées : politiciennes et politiciens, communautés, fédérations des chambres de commerce, municipalités, entreprises, etc., pour former une large coalition contre la violence. Il faut adopter des positions concertées, les faire connaître, les promouvoir et travailler sur des mécanismes communs pour contrer la violence, partout dans la société. À l’aube de la campagne électorale, c’est aussi le temps de mettre de l’avant un projet collectif, pour une société meilleure. Ce que les Québécoises et les Québécois nous disent, c’est qu’ils s’inquiètent pour demain », a conclu le président de la CSQ.