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La CSQ, la FSQ et l’AREQ pressent le premier ministre Carney et Marjorie Michel à répondre à leur appel
21 août 2026
Plus de deux mois après avoir écrit au premier ministre Mark Carney et à la ministre fédérale de la Santé, Mme Marjorie Michel, pour leur demander d’agir afin de s’assurer que les provinces respectent l’ensemble des grands principes de la Loi canadienne sur la santé, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ) et l’AREQ, le mouvement des personnes retraitées CSQ, sont toujours dans l’attente d’une réponse.
Par cette lettre adressée au premier ministre et à la ministre de la Santé, les trois organisations ont exprimé leur préoccupation concernant l’adoption, par le gouvernement de l’Alberta, du projet de loi nº 11 (Heath Statutes Amendment Act, 2025 (No.2)) autorisant les médecins à exercer une pratique médicale mixte et à facturer directement des soins couverts par le régime public provincial.
Un dangereux précédent
« La loi adoptée par le gouvernement albertain crée un dangereux précédent en ouvrant la porte à la facturation directe de certains soins médicalement nécessaire, ce qui enfreint les principes de la Loi canadienne sur la santé. On doit se rappeler que le respect de cette loi s’avère essentiel pour obtenir le financement fédéral », explique Luc Beauregard, secrétaire-trésorier de la CSQ.
Luc Beauregard ajoute que « Certaines personnes en Alberta paient désormais de leurs poches des services qui devraient normalement être couverts par l’assurance publique. Cette façon de faire crée officiellement un système de santé inéquitable à deux vitesses ».
La menace d’un système de santé à l’américaine
Pour sa part, le président de la FSQ-CSQ, Déreck Cyr, va jusqu’à dire que « La nouvelle loi albertaine constitue un pas décisif vers un système de santé privé à l’américaine, ce dont la population ne veut pas ». « Ce qui se passe en Alberta est fort préoccupant parce que ce nouveau modèle permet aux médecins, qui souhaitent facturer les soins aux patients, de procéder tout en utilisant à leur guise le système de santé publique », dénonce Déreck Cyr.
Danger d’une réduction de l’accès aux soins de santé
De son côté la présidente de l’AREQ-CSQ, Micheline Germain, soutient que « Si l’exemple albertain s’étend aux autres provinces, notamment au Québec, cela entrainera des répercussions majeures pour l’ensemble des citoyennes et des citoyens. C’est particulièrement inquiétant pour les personnes les plus vulnérables de notre société. Celles-ci pourraient voir leur accès aux soins de santé être réduit, n’ayant pas les moyens de bénéficier d’un traitement prioritaire ».
Le premier ministre doit agir
Les trois porte-parole alertent donc le premier ministre Carney et la ministre fédérale de la Santé des dangers que représente la brèche ouverte par le gouvernement de l’Alberta et les pressent une fois de plus à agir. « Nous vous demandons, comme nous l’avons fait le 2 juin passé, d’utiliser vos pouvoirs politiques et les mécanismes prévus dans la Loi canadienne sur la santé pour nous assurer que l’ensemble des provinces et des territoires respectent les principes du système public de santé », déclarent conjointement Luc Beauregard, Déreck Cyr et Micheline Germain.
Ajoutons en terminant que les trois organisations espèrent toujours recevoir une réponse du premier ministre et de la ministre de la Santé à leur lettre adressée au début du mois de juin dernier.