À l’occasion du Jour de la Terre, les membres du Réseau intersyndical pour le climat (RIC) réaffirment haut et fort leur volonté de poursuivre leur action auprès des différents paliers politiques ainsi que dans les milieux de travail afin de promouvoir et militer pour une transition écologique et économique juste.

Pour le RIC, la transition juste est un concept permettant de décarboner notre économie sans laisser personne derrière. Ceux et celles qui subissent de plein fouet les impacts des changements climatiques devraient être au cœur des décisions qui les concernent. Le RIC revendique la mise en place de mesures concrètes et une adaptation des principes directeurs pour une transition juste de l’Organisation internationale du Travail. Elle demande également aux gouvernements de respecter leurs engagements concernant la transition juste, notamment la CAQ, qui a appuyé deux motions à l’Assemblée nationale en ce sens.

La pandémie que nous connaissons depuis maintenant plus de deux ans ne nous a pas fait oublier les enjeux plus larges liés à l’avenir de la planète, bien au contraire. À la suite des tergiversations des deux paliers de gouvernement face à la crise climatique, des travailleuses et travailleurs membres des organisations formant le Réseau intersyndical pour le climat demeureront vigilantes et vigilants et n’hésiteront pas à se mobiliser pour réclamer des gestes et des engagements fermes et structurants pour atteindre les cibles de réduction des gaz à effet de serre de l’Accord de Paris.

Pour contrer la menace des changements climatiques à l’échelle mondiale, des transitions vers une économie sobre en carbone doivent s’opérer. Nos gouvernements doivent se montrer à la hauteur des défis et des responsabilités qui accompagnent cette prise de conscience. Sans plan de match précis et consistant pour redresser la situation et atteindre la cible fixée, nous courons tous des risques catastrophiques.

Au Québec seulement, l’augmentation de la température pourrait entraîner quelques dizaines de milliers de décès d’ici 2065. Il faut apporter des solutions durables pour le mieux-être de tous. La transition doit être juste pour les travailleuses et travailleurs et soutenir une résilience collective aux différentes crises.

La coalition syndicale formée des neuf principales organisations représentant les travailleuses et travailleurs du Québec revendique que les gouvernements s’engagent à mettre en place des politiques et des lois qui assureront véritablement la transition juste et qui permettront d’en mesurer l’évolution. Celle-ci doit permettre d’éviter que les travailleuses et travailleurs subissent des effets négatifs des transformations environnementales nécessaires de l’économie. Il faut à la fois favoriser la création d’emplois d’utilité environnementale et sociale et mettre en place des programmes de formation et de requalification de la main-d’œuvre des secteurs polluants. Les politiques d’austérité et de privatisation ne sont pas une option afin de mener à bien une telle transformation de notre économie. De plus, une transition juste doit réduire les inégalités socio-économiques, notamment en s’assurant que l’ensemble du Québec soit bien desservi en termes de services publics. Ceux-ci sont essentiels afin de prévenir et de réagir aux bouleversements climatiques. Le RIC revendique une politique fiscale plus progressiste comprenant une meilleure redistribution des richesses, un financement adéquat des services publics et des initiatives porteuses pour relever le défi climatique. Finalement, le dialogue social est essentiel à la réussite de la transition juste.

Une telle démarche de transition est certes ambitieuse, mais à la hauteur du défi climatique. Assez de promesses creuses de nos gouvernements sans mesures conséquentes; assez de l’illusion que les dérèglements du climat vont se résorber sans transformations majeures de l’économie et du travail – en avant sans tarder pour une transition juste!

Émilie Charbonneau, deuxième vice-présidente, APTS
Luc Vachon, président, CSD
Caroline Senneville, présidente, CSN
Anne Dionne, deuxième vice-présidente, CSQ
Alain Marois, vice-président à la vie politique, FAE
Françoise Ramel, vice-présidente de la FIQ, secteur Sociopolitique
Denis Bolduc, secrétaire général, FTQ
Line Lamarre, présidente, SPGQ
Christian Daigle, président général, SFPQ