Société

Fin du PEQ : des milliers de voix s’élèvent contre une promesse brisée

12 février 2026

Des milliers de manifestantes et manifestants ont défilé le 7 février dernier dans sept villes du Québec pour dénoncer l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Derrière les pancartes, des travailleuses et des travailleurs qui ont tout quitté pour contribuer à la société québécoise et à qui aujourd’hui on ferme la porte. Devant cette rupture de confiance, la CSQ exige l’instauration d’une clause de droits acquis.

Par Félix Cauchy-Charest, conseiller CSQ

Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke, Chicoutimi, Trois-Rivières, Rimouski… Le 7 février dernier, la détermination de centaines de personnes a résonné aux quatre coins de la province. Des personnes immigrantes, accompagnées de militantes et militants syndicaux et de citoyennes et citoyens engagés, ont répondu à l’appel des collectifs Le Québec, c’est nous aussi et Les orphelins du PEQ pour dénoncer l’abolition du programme, survenue en novembre 2025.

Le sentiment de trahison était palpable. « Je me sens trahi par ce gouvernement », « J’ai tout laissé pour venir vivre ma vie ici », ont confié des étudiantes et étudiants, des infirmières, des éducatrices, etc. Leurs témoignages mettent un visage sur la réalité de milliers de travailleuses et de travailleurs étrangers temporaires qui, du jour au lendemain, ont vu leur parcours vers la résidence permanente compromis.

Des règles qui changent en cours de route

Le PEQ offrait une voie prévisible (bien que non automatique) vers la résidence permanente pour les personnes francophones travaillant au Québec depuis au moins deux ans ou ayant obtenu un diplôme québécois. Plusieurs avaient été recrutées directement dans leur pays d’origine par des établissements québécois en quête de maind’œuvre. Elles ont tout quitté, emploi, maison, réseau, sur la foi d’une promesse que le gouvernement a brutalement reniée.

Le PEQ a été remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), un système à points fonctionnant sur invitation. Le problème : l’abolition du PEQ ne comporte aucune clause de droits acquis. Les personnes déjà engagées dans le processus doivent tout recommencer, sans aucune garantie d’être sélectionnées. Le ministre Jean-François Roberge a lui-même reconnu que la transition n’était « pas automatique ».

Une mobilisation sans précédent

« Ce qu’on veut, c’est une clause grand-père pour tout le monde, pas que pour la santé, l’éducation ou la construction », explique Maxime Gress, du collectif Le Québec, c’est nous aussi dans un entretien avec Radio-Canada. Derrière cette revendication, des histoires humaines bouleversantes. Au-delà des travailleuses et des travailleurs, ce sont des familles avec des enfants scolarisés ici qui ne savent plus si elles pourront rester.

La CSQ solidaire et mobilisée

La décision frappe de plein fouet les secteurs représentés par la CSQ. Que ce soit en santé, en petite enfance, en éducation, en enseignement supérieur ou dans le milieu communautaire, tous les secteurs sont touchés. Le Syndicat des professionnelles et professionnels de recherche de l’Université Laval (SPPRUL-CSQ) a notamment dénoncé les impacts désastreux sur la capacité de recherche universitaire et sur l’attractivité du Québec à l’international.

La CSQ continue d’intervenir publiquement pour exiger qu’on facilite l’accès à la résidence permanente pour les travailleuses et travailleurs déjà présents sur le territoire. L’octroi d’une clause de droits acquis permettrait d’atteindre cet objectif.

« C’est un contrat moral que le Québec a brisé avec des milliers de personnes qui contribuent chaque jour à bâtir la société québécoise », a dit le vice-président de la CSQ, Pascal Côté, présent lors du rassemblement à Montréal. Il a témoigné de la solidarité concrète du mouvement syndical envers ces travailleuses et travailleurs.

Voyez des images des mobilisations à travers le Québec :