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Fermeture de RPA: «Le maintien à domicile, c’est ce qui est le plus important»

29 février 2024

Afin de contrer les fermetures de résidences privées pour ainés (RPA) et soutenir les propriétaires des petites RPA, le gouvernement prévoit lancer un programme visant à subventionner les soins et les services offerts aux personnes résidentes. Pourquoi ne pas plutôt investir cet argent dans les soins et les services à domicile et favoriser ainsi le maintien des personnes ainées chez elles?

C’est la question soulevée par l’AREQ, le mouvement des personnes retraitées de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). Invités au balado Prendre les devants le 20 février dernier, la présidente et le conseiller aux dossiers sociaux de l’AREQ, Micheline Germain et Samuel Labrecque, ont discuté de cet enjeu avec le président de la Centrale, Éric Gingras.

Le rêve du modèle « tout-inclus »

Le modèle des RPA a été développé dans le milieu des années 1990. « On a fait miroiter aux gens le confort, la sécurité, l’aspect « tout-inclus » des RPA, mais on s’est rendu compte, surtout pendant la pandémie, que la sécurité et la qualité n’étaient pas toujours au rendez-vous », dit le conseiller.

Il rappelle que les RPA sont des résidences privées qui offrent des services aux personnes semi-autonomes, autonomes et en lourde perte d’autonomie : « Si les RPA ferment, c’est parce que les soins ne sont pas rentables dans le privé. »

Comme les couts des soins et des services offerts dépassent parfois les revenus qu’ils génèrent, des propriétaires de RPA se voient dans l’obligation de mettre la clé sous la porte. D’ailleurs, près de 80 résidences ont fermé en 2023.

Un Québec qui se distingue…

« Au Québec, nous sommes les champions des résidences privées pour ainés, affirme Samuel Labrecque. C’est au Québec qu’on a le plus recours à ce type d’habitation au Canada. » Il ajoute qu’il n’y a pas vraiment d’alternative. Il y a bien les centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), mais ceux-ci sont destinés aux gens en très lourde perte d’autonomie.

Ce qui est proposé aux personnes en perte d’autonomie, ce sont les soins et les services offerts par les entreprises d’économie sociale ou ceux suggérés par les CLSC, qui en offrent de moins en moins, ou sinon, les RPA. « Les résidences privées pour ainés, c’est un modèle qui a émergé parce que le réseau de la santé au Québec a laissé tomber le créneau des soins et des services à domicile au profit du privé lucratif et non lucratif », affirme Samuel Labrecque.

Financer le soutien à domicile, pas les RPA

Le conseiller rappelle qu’on finance collectivement les RPA, avec nos taxes, nos impôts et par le biais de crédits d’impôt aux entreprises privées. « À l’AREQ, ce qu’on demande, c’est : pourquoi on ne couvre pas publiquement les soins et les services offerts aux personnes ainées en perte d’autonomie qui souhaitent demeurer dans leur condo, leur maison ou leur appartement, au lieu de les envoyer dans des RPA? », conclut Samuel Labrecque.

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur le sujet et entendre l’ensemble de la discussion, regarder l’épisode 4 de la deuxième saison du balado Prendre les devants.