Éducation
En quête de solutions | De la nécessité de tenir des états généraux en éducation
29 août 2026
En réponse au dossier « En quête de solutions » publié récemment dans La Presse, Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), signe une lettre ouverte dans laquelle il appelle à une réflexion collective sur l’avenir de l’éducation au Québec et à la tenue d’états généraux sur l’éducation.
Ces derniers jours, La Presse a publié un dossier, intitulé « En quête de solutions », proposant diverses avenues et différentes pistes de réflexion. Que l’on soit d’accord ou pas avec ces idées, là n’est pas la question. À la CSQ, nous pensons que les points de vue et les propositions doivent circuler, se côtoyer et oui, parfois, s’entrechoquer. À ce chapitre, nous remercions le quotidien de contribuer au débat public sur le sujet, tout spécialement au moment où se déclenche la campagne électorale.
La guerre des tarifs occupe ces jours-ci une part importante de l’espace médiatique, et pour cause! Or, c’est dans ce tumulte que démarre, au Québec, la campagne électorale. Et si les partis politiques en lice se targuent tous de parler de l’avenir, il nous apparaît toutefois impossible de le faire sérieusement sans parler d’éducation.
À la CSQ, nous avons actualisé nos positions et nos orientations en éducation, de la petite enfance à l’enseignement supérieur. D’autres le font aussi, pensons notamment au mouvement École ensemble et à l’organisme Debout pour l’école. Il est grand temps de réfléchir au rôle et à la mission de l’école, de même qu’aux enjeux de mixité sociale et scolaire. Il faut se parler de la réussite éducative et de l’égalité des chances pour toutes et tous. Il faut défendre un projet qui assure un accès juste et équitable à l’éducation, qui soutient le bien-être collectif et l’éducation citoyenne, et qui encourage la participation active à la vie sociale et démocratique.
Mais à l’heure actuelle, aucun espace n’est consacré à ce type de réflexion. La dernière grande réflexion collective sur l’éducation s’est tenue lors des États généraux sur l’éducation de 1995-1996. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la société a changé passablement en 30 ans! Depuis plusieurs années, les solutions à la pièce se multiplient, ce qui nous prive d’une vision d’ensemble cohérente avec ce qui est essentiel pour l’avenir de la société québécoise en matière d’éducation. En d’autres mots, que voulons-nous pour l’école au Québec?
Nous ne prétendons pas avoir toutes les solutions, mais nous pensons qu’il est temps de jouer cartes sur table et de mettre en commun les propositions et les points de vue de l’ensemble des parties : gestionnaires, parents, universitaires et spécialistes, acteurs gouvernementaux, représentants des travailleuses et travailleurs, ainsi que les organismes de la société civile. C’est ça, le dialogue social!
Les constats du sondage Synopsis-La Presse présentés dans le dossier « En quête de solutions » rejoignent ceux de la CSQ quant à la perception des Québécoises et des Québécois à l’égard du réseau de l’éducation. Aujourd’hui, plutôt que de présenter des réponses à la pièce, populistes et prémâchées pendant la campagne électorale, nous demandons aux partis politiques de laisser parler les gens qui travaillent au quotidien en éducation, et surtout, de s’engager à mettre en place la tribune pour le faire : des états généraux en éducation.
Ensemble, nous sommes capables de grandes choses; il ne manque que de la volonté politique et du leadership. Il nous faut un plan, un projet structurant et inspirant pour l’avenir du Québec. La population québécoise est mûre pour une telle démarche et pour une vaste réflexion collective.
Stéphanie Grammond titrait son éditorial du 25 août : « Ça va mieux que vous le pensez! » Nous sommes d’accord, mais à quel prix? Si les fils tiennent avec de la broche, c’est que des gens veillent et travaillent quotidiennement à ce que le tissu ne s’effiloche pas complètement. Le temps est venu de les écouter et de s’en occuper.
Faire silence sur l’éducation pendant cette campagne, ce serait hypothéquer l’avenir collectif du Québec. Ce serait aussi faire la sourde oreille aux appuis qui se font de plus en plus nombreux pour réclamer une grande réflexion collective ou des États généraux. Nous en sommes rendus là; les détours ne sont plus acceptables.
Éric Gingras, président de la CSQ