Les vêtements font souvent les manchettes : le masque en est un bel exemple. Ils sont aussi la source de jolies tournures, bonnes ou mauvaises.

Parler à travers son chapeau, c’est parler de quelque chose qu’on connait à peine ou pas du tout. C’est aussi un calque de l’anglais to talk through one’s hat. Parler à tort et à travers, tout en étant déconseillé, est l’expression conseillée.

Être dans les souliers de quelqu’un est une tournure familière, à remplacer par les expressions chausser les souliers (les bottes, les pantoufles) de quelqu’un. C’est souvent lorsqu’on ne veut pas se retrouver à la place de quelqu’un, donc en tournure négative, qu’on les utilise.

Être dans de beaux draps est une antiphrase, par ailleurs tout à fait correcte. Les draps désignaient autrefois les habits, et c’est vêtu de blanc, symbole de pureté et d’innocence, qu’en signe d’ironie devaient déambuler les gens accusés d’adultère. On disait même, au Moyen Âge, être dans de beaux draps blancs. Blancs a disparu, mais le sens d’être dans une situation peu enviable, d’être dans de mauvais draps, est demeuré.

Saviez-vous que…?

Avoir le béguin pour quelqu’un, étonnamment, est aussi relié aux vêtements. Béguin est la coiffe de toile fine que portaient les béguines, ces religieuses d’origine belge, au XIIe siècle. Parallèlement, on utilisait la locution être coiffé de quelqu’un dans le sens d’être aveuglé par cette personne, à sa merci. La combinaison de l’un et l’autre a donné cette expression familière, encore utilisée aujourd’hui pour indiquer qu’on ressent une passion passagère pour quelqu’un.