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Droit au but avec Éric Gingras : Regard du président sur la Centrale
7 août 2026
N.D.L.R. À quelques jours de la rentrée, l’équipe estivale des communications de la CSQ a rencontré le président Éric Gingras pour faire le point sur les dossiers chauds de la prochaine année. Au cours de cette longue entrevue de plus d’une heure, plusieurs dossiers ont été abordés parmi lesquels la campagne électorale au Québec, les attentes envers le prochain gouvernement, les prochains défis pour la CSQ et ses membres, les négociations dans le secteur public, la situation en éducation, en santé, en petite enfance et dans le secteur communautaire. Quatre textes seront publiés à la suite de cette entrevue. À lire les 3, 4, 6 et 7 août. Bonne lecture!
Propos recueillis par Alyssa Landry et Léanne Fiset-Gingras
MaCSQ : Qu’est-ce que tu retiens des actions de la CSQ au cours de la dernière année?
Éric Gingras (EG) : La solidarité entre les diverses organisations syndicales et la solidarité à l’intérieur de notre propre centrale, de nos fédérations et de nos syndicats. Nous l’avons nettement démontré lorsque le gouvernement a attaqué les syndicats. Notre réponse a été de faire ce que nous faisons le mieux, c’est-à-dire de nous regrouper et de resserrer les rangs. Toutes les organisations ont répondu présent et étaient au rendez-vous pour se mobiliser.
MaCSQ : Quelle est ta plus grande fierté pour la dernière année?
EG : C’est d’avoir réussi à mettre sur pied notre grande réflexion en éducation. C’est un important chantier que nous lançons et je suis très fier que ce soit la CSQ qui en assume le leadership. C’est une satisfaction de constater que cette belle idée, qui est née dans nos propres rangs, est en train de prendre sa place dans l’espace public. Déjà des milliers de membres ont fait connaître leur intention d’y participer. C’est très encourageant de remarquer que l’idée de ce grand chantier en éducation, de la petite enfance à l’enseignement supérieur, reçoit un large assentiment dans la population et auprès des différents partenaires de l’éducation.
MaCSQ : Quel est le grand défi de la CSQ pour la prochaine année?
EG : Nous devons absolument reprendre l’offensive, oser reprendre la place qui nous revient dans le débat public. Nous avons passé la dernière année àréagir , à nous défendre contre le gouvernement de la CAQ et ses attaques antisyndicales. C’est à notre tour maintenant de renverser la vapeur et je pense que le contexte nous est favorable avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement.
MaCSQ : Quels messages des membres retiens-tu de la tournée des régions que tu as effectuée au cours des derniers mois ?
EG : Les besoins sont immenses dans nos réseaux publics d’éducation et de la santé. La violence y est malheureusement présente, le manque de ressources est flagrant et le financement y est nettement insuffisant. Toutefois, malgré ce portrait peu reluisant, j’ai rencontré partout des travailleuses et des travailleurs qui éprouvent une grande fierté pour le travail précieux qu’ils effectuent. Ils sont également fiers et heureux d’être à la CSQ, de faire partie d’une centrale syndicale qui prône un syndicalisme de propositions, un syndicalisme pédagogique, tout en étant ferme dans ses revendications et ses valeurs.
MaCSQ : Comment entrevois-tu la prochaine ronde de négociation ?
EG : Ce n’est pas simple à évaluer, car je ne sais pas encore quel gouvernement nous aurons devant nous. De plus, j’ignore encore quelle sera la conjoncture et quelles seront les positions politiques de ce nouveau gouvernement. Mais nous allons nous préparer sérieusement en vue de cette négociation en allant voir notre monde dès cet automne pour discuter avec eux, les écouter et prendre note de leurs préoccupations et priorités. Notre première consultation sera donc enclenchée dès les prochaines semaines.
MaCSQ : Est-ce que la CSQ favorise une négo en front commun?
EG : Ce fut effectivement le cas lors de la dernière négociation et cela s’est révélé positif. Tant nos membres que nos fédérations ont semblé satisfaits du déroulement et des résultats obtenus. Est-ce que nous voulons répéter l’expérience ? La décision appartient à nos membres. C’est certain que négocier en front commun nous assure d’une plus grande force pour faire face au gouvernement. Mais il y a également d’autres éléments à prendre en considération.
MaCSQ : Quelles vont être les priorités de la CSQ pour la prochaine négo ?
EG : Il est trop tôt pour le dire, car ce sont les membres qui en décideront lors de nos tournées de consultation.
MaCSQ : De quelle façon concrète la CSQ lutte-t-elle pour améliorer le bien-être de l’ensemble de la population?
EG : Fondamentalement, la CSQ le fait d’abord en revendiquant de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail pour ses propres membres. Lorsque nous réussissons à améliorer les services en éducation comme en santé, nos membres en bénéficient, mais également toute la population qui profite de ces services.
Notre action va toutefois bien au-delà des milieux de travail. Améliorer le bien-être de nos membres, ce n’est pas seulement agir sur leurs conditions de travail. C’est aussi revendiquer un meilleur accès au logement, davantage de logements sociaux et des mesures qui permettent à chacune et chacun de vivre dignement. Chacun devrait avoir la capacité de payer son loyer et son épicerie, mais plutôt de profiter pleinement de la vie et d’avoir accès à une véritable qualité de vie.
MaCSQ : Comment as-tu apprécié ta dernière année à la CSQ qui a tout de même été mouvementée ?
EG : Ce fut une année plus exigeante et plus difficile, notamment à cause des nombreuses attaques antisyndicales contre lesquelles nous avons dû nous défendre. Heureusement, je suis très bien entouré à la CSQ grâce au soutien de tous les collègues et l’expertise du personnel. Donc, en dépit d’une certaine opposition nourrie par le gouvernement et certains médias, je demeure très motivé et encouragé et je réussis encore à éprouver du plaisir. Je suis là pour nos membres, pour faire avancer les causes qui leur tiennent à cœur, et pour défendre et améliorer nos services publics dans l’intérêt de toute la population.