Une coalition d’importants partenaires de l’éducation demande au gouvernement du Québec de cesser les compressions et de réinvestir urgemment dans les services aux élèves qui fréquentent l’école publique avant qu’il n’y ait davantage de dommages.

Montréal, le 30 août 2015. — Une coalition d’importants partenaires de l’éducation demande au gouvernement du Québec de cesser les compressions et de réinvestir urgemment dans les services aux élèves qui fréquentent l’école publique avant qu’il n’y ait davantage de dommages.
Réunies dimanche à Montréal, la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), la Fédération québécoise des directions d’établissements d’enseignement (FQDE), la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), accompagnées par la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) et la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation (FPPE-CSQ) ont interpelé d’une seule voix le ministre de l’Éducation, M. François Blais, afin qu’il mette fin aux compressions et qu’il réinvestisse minimalement le milliard de dollars que les élèves qui fréquentent le réseau public d’éducation ont perdu depuis cinq ans. Ces organisations représentent plus d’un million d’élèves fréquentant le réseau public, leurs parents, ainsi que la majorité des quelque 200 000 personnes qui y travaillent.
Ces partenaires de l’éducation lancent le macaron « Unis pour l’éducation publique », signe tangible qui rassemble celles et ceux qui souhaitent que l’éducation publique soit une véritable priorité nationale. En plus des gens qu’ils représentent, ils inviteront les citoyens à adhérer à cette cause, notamment par le biais des médias sociaux.
Selon la présidente de la FCPQ, Corinne Payne : « dans la situation actuelle, le système public d’éducation n’offre plus aux élèves les services éducatifs auxquels ils ont droit, au moment où ils sont requis par eux. On laisse tomber des enfants. À terme, les compressions en éducation vont nous coûter plus cher que les prétendues économies qu’elles doivent générer. Aurons-nous les moyens de ramasser les pots cassés ? »
Toujours selon Corinne Payne : « les parents du Québec sont en colère. Non seulement des enfants manquent de service, mais les compressions appliquées au réseau public d’éducation imposent des factures supplémentaires aux familles. Cessons de nous mettre la tête dans le sable et de faire croire que les compressions n’ont pas d’impact ! C’est faux. »
La CSQ et ses fédérations du réseau scolaire vont dans le même sens que leurs partenaires de la coalition affirmant que les mesures d’austérité imposées en éducation ont des conséquences désastreuses sur la persévérance et la réussite scolaires des enfants. « Les compressions imposées par le gouvernement en éducation minent le développement du modèle éducatif québécois. L’État doit réinvestir rapidement dans l’avenir de nos jeunes. Avec nos membres du personnel enseignant, du personnel de soutien scolaire et du personnel professionnel, nous serons aux côtés des parents et des directions d’établissements pour livrer bataille car nous croyons à l’égalité des chances pour tous les enfants du Québec », souligne Louise Chabot, présidente de la CSQ.
La présidente de la FQDE, Lorraine Normand-Charbonneau, est résolue, plus que jamais, à démontrer la gravité de la situation dans les écoles. « Aux annonces des premières compressions, nous sonnions l’alarme. Cinq ans plus tard, c’est une catastrophe. Les restrictions budgétaires imposées nous obligent à couper dans des services qui sont essentiels à la réussite de nos élèves. Nous peinons à soutenir notre personnel dans l’école, à répondre aux demandes légitimes des parents et finalement, le plus important, à répondre aux besoins de l’élève, ce qui est la raison d’être de l’école. Il faut agir maintenant, avant que trop de dommages ne soient causés, avant que trop de jeunes ne décrochent et avant que la société ne perde confiance en notre système public d’éducation » ajoute Lorraine
Normand-Charbonneau.
« Depuis des années, les compressions tous azimuts s’empilent cruellement et causent des dommages certains au réseau public d’éducation. Or, nous voulons que tous aient la chance de s’y épanouir selon leurs besoins. Le gouvernement nous avait dit que l’éducation était le plus beau projet de société qui soit et qu’il y travaillerait en priorité. Force est de constater que ce sont plutôt les compressions aveugles qui sont prioritaires. Nous souhaitons lui faire comprendre, tous ensemble, comme citoyens, que nous devons absolument protéger nos élèves, nos écoles et nos centres et réinvestir dans notre avenir et notre développement », tient à dire Josée Scalabrini, présidente de la FSE-CSQ.
Les organisations présentes invitent les citoyennes et citoyens à appuyer largement le mouvement en faveur d’un réinvestissement dans l’éducation publique et s’attendent à ce que le gouvernement soit enfin à l’écoute du message qui lui est destiné.
Profil des organisations
La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) regroupe, depuis près de 40 ans, les comités de parents des commissions scolaires du Québec et soutient les parents bénévoles soucieux de la participation parentale au sein des écoles publiques primaires et secondaires, dans le but d’assurer la qualité de l’éducation offerte aux enfants.
La Fédération des syndicats de l’enseignement regroupe 35 syndicats représentant plus de 62 000 enseignantes et enseignants de commissions scolaires de partout au Québec. Elle compte parmi ses membres du personnel enseignant de tous les secteurs : préscolaire, primaire, secondaire, formation professionnelle et formation générale des adultes. Elle est membre de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).
La Fédération québécoise des directions d’établissements (FQDE) est le principal organisme professionnel représentant plus de 2 100 directions d’établissement d’enseignement provenant de 21 associations régionales. La mission de la Fédération est de promouvoir le développement professionnel et l’excellence dans la direction des établissements d’enseignement au Québec et de défendre les droits des directions et directions adjointes d’établissement d’enseignement.
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente plus de 200 000 membres, dont près de 130 000 font partie du personnel de l’éducation. Elle est l’organisation syndicale la plus importante en éducation et en petite enfance au Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.