Société, Syndicalisme
Des stagiaires réclament justice et reconnaissance
26 mars 2026
Des centaines de stagiaires ont manifesté le 26 mars à Montréal pour réclamer la salarisation de leurs stages. Réunis à l’appel du Syndicat national des stagiaires en éducation (SNSE-CSQ), et appuyés par près de 200 membres des syndicats affiliés à la CSQ et de plusieurs organisations étudiantes, ils ont dénoncé une précarité devenue intenable et revendiqué la reconnaissance de leur contribution essentielle.
Par Audrey Parenteau, rédactrice en chef | Photos: François Beauregard
Les manifestantes et manifestants se sont d’abord réunis au square Dorchester, dans le centre-ville de Montréal, avant d’entamer une marche jusqu’au bureau du premier ministre François Legault, rue Sherbrooke Ouest. Des représentantes et représentants de la CSQ, de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), de l’Union étudiante du Québec (UEQ) et de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) étaient présents.
Les étudiantes et étudiants présents à la manifestation dénoncent une réalité bien connue : celle de stages obligatoires non rémunérés qui les plongent dans une précarité financière importante. Entre les études, leur emploi étudiant et les stages, plusieurs décrivent une surcharge qui met en péril leur réussite et leur santé.
Une précarité qui freine la relève
Sur place, la présidente du SNSE-CSQ, Sandrine Leblanc, a rappelé l’urgence d’agir : « On nous a promis à plusieurs reprises des stages rémunérés et pourtant, cette semaine, je fais encore 35 heures de stage bénévolement, sans compter les heures que je consacre à mes travaux et à mon emploi. »
« On nous demande de travailler, d’être des professionnels engagés, mais tout cela, sans salaire. On nous demande d’accompagner les plus vulnérables, mais sans salaire. On nous demande de soutenir des familles, de prendre soin des enfants et de tenir à bout de bras le réseau de la santé, mais sans salaire. Vous savez comment on appelle ça? De l’exploitation! », a dit pour sa part Christopher Zéphir, président de la FECQ.
« On ne peut pas continuer à demander aux stagiaires de porter le système à bout de bras sans leur offrir des conditions décentes. Leur contribution est réelle et doit être reconnue », a déclaré pour sa part la vice-présidente de la CSQ, Nadine Bédard-St-Pierre.
Une mobilisation élargie
Les revendications trouvent écho dans plusieurs domaines où les stages non rémunérés demeurent fréquents, particulièrement ceux à prédominance féminine, comme la santé. Les participantes et participants à la manifestation ont souligné l’inégalité persistante entre les disciplines, alors que certains secteurs, comme le génie ou la médecine, offrent déjà des stages payés.
« La lutte que l’on mène pour la salarisation des stages, elle est cruciale, a déclaré Nadine Bédard-St-Pierre. Elle est cruciale parce qu’elle s’inscrit dans une lutte plus ancienne, celle pour la reconnaissance du travail invisible », a-t-elle ajouté.
Elle a rappelé que les combats féministes sont dans l’ADN de la CSQ. « Je ne m’explique toujours pas pourquoi, encore aujourd’hui, en 2026, les stages dans les domaines à prédominance masculine sont largement rémunérés, alors que ce n’est pas le cas pour la majorité de ceux des secteurs à prédominance féminine, comme en éducation et en santé. C’est une injustice à laquelle on doit mettre fin. »
Le SNSE-CSQ, qui représente environ 1000 stagiaires à travers le Québec, souhaite justement corriger ces iniquités en regroupant les étudiantes et les étudiants autour d’un rapport de force commun. Affilié à la CSQ et à son Regroupement des unités catégorielles (RUC-CSQ), le syndicat entend poursuivre la mobilisation pour obtenir des gains concrets.
La manifestation du 26 mars dernier marque ainsi une étape dans la lutte pour la reconnaissance des stagiaires qui promettent de maintenir la pression sur le gouvernement jusqu’à l’obtention de la salarisation de leurs stages et la reconnaissance de leur travail essentiel.