Par Stéphanie Lalut
« Bientôt une poupée à l’effigie de la princesse Kate d’Angleterre » ou « Le plus vieux chimpanzé du monde est mort à 60 ans ». Qui lit de tels articles ? Aussi incroyable que cela puisse paraître, les médias diffusent plus de nouvelles insolites de ce genre que de renseignements sur l’éducation. Et ce n’est pas tout. L’éducation passe aussi après la météo et la circulation et se tient franchement loin derrière les faits divers ou les sports.
L’éducation récolte un maigre 0,18 % de toute la couverture médiatique
On trouve tous ces renseignements dans l’étude présentée par Jean-François Dumas, président d’Influence Communication, lors du Rendez-vous CSQ de l’éducation 2012 de cette semaine. On y dévoile la place dérisoire de l’éducation dans les médias. Bien sûr, les politiciennes et les politiciens répètent souvent ce mot, mais cela n’a pas d’impact réel. Le sujet ne dépasse même pas la barre des 1 % ne récoltant qu’un maigre 0,18 % de toute la couverture médiatique québécoise. Comment expliquer ce manque colossal d’intérêt ?
« L’éducation passe aussi après la météo et la circulation et se tient franchement loin derrière les faits divers ou les sports. »
Jean-François Dumas explique ces écarts dans le choix des sujets. Il y a plus de nouvelles que jamais et les entreprises de presse ne cherchent maintenant que la rentabilité. Le « trivial » concurrence l’« important ». En conséquence, on est moins bien informés. De plus, cela ne va pas en s’améliorant. En effet, depuis l’année dernière, la popularité des faits divers et des affaires judiciaires a explosé, avec une hausse spectaculaire de 220 % devant le toujours plus vendeur « sports », qui gagne un 39 % supplémentaire.
La couverture internationale, elle, plonge de ‑77 %. Les enjeux importants en prennent aussi un coup en enregistrant une baisse significative de la place de l’environnement (‑52 %), de la pauvreté (‑50 %), des aînées et aînés (‑30 %) et des jeunes (‑32 %). En éducation, la formation professionnelle, la formation continue et le retour aux études mis ensemble sont autant couverts, sur un an, que 36 secondes d’une partie du Canadien de Montréal !
Heureusement, selon Jean-François Dumas, il est possible non seulement de bloquer cette tendance, mais de la renverser. D’abord, il faut mieux comprendre le fonctionnement des médias, s’informer sur ce qui se fait ailleurs dans le monde et trouver des personnes ici qui ont réussi et qui sont passionnées pour diffuser leurs histoires. Ce sont les gens sur le terrain qui connaissent le mieux ce qui est intéressant. On ramène ainsi l’attention vers la formation, la qualité, la persévérance et le succès.