Enseignement supérieur

Compressions dans les cégeps : l’alerte ignorée

20 janvier 2026

Une série d’articles publiés récemment dans le Journal de Québec met en lumière un état de fait bien connu des fédérations du réseau collégial de la CSQ : nos cégeps sont en bien mauvais état.

Par Félix Cauchy-Charest, conseiller CSQ 

L’équation est simple : il y a plus d’inscriptions que jamais dans les établissements d’enseignement collégiaux, mais moins d’espace pour accueillir la population étudiante et moins d’argent (151 millions $ de compressions) pour rénover, agrandir ou embaucher du personnel. Au cours des dernières années, les syndicats du collégial n’ont eu de cesse d’avertir le gouvernement Legault du crash à venir.

Qu’il s’agisse de la vétusté des établissements ou le gel d’embauche imposé au réseau collégial, les choix budgétaires des dernières années entraînent des répercussions concrètes sur les étudiantes et étudiants.

« Avec le gel d’embauche, on assiste à un véritable effet boule de neige : la surcharge de travail s’accumule, mène à l’épuisement, aux arrêts de travail, puis à encore plus d’absences. Le moral est au plus bas, c’est du jamais vu, et à ce rythme, le bris de service devient inévitable », explique la présidente par intérim de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ), Frédérique-Jade Belzile.

Elle ajoute qu’« en refusant d’embaucher et d’entretenir adéquatement le réseau, le gouvernement fait preuve de laxisme flagrant en matière de gestion. À vouloir économiser à court terme, ça finit toujours par coûter plus cher, autant pour les étudiantes et les étudiants que pour les travailleuses et les travailleurs ».

Des conditions d’apprentissage peu optimales

« La population étudiante est la première à subir les conséquences de ce manque de planification et de ce sous-investissement, explique le président de la Fédération de l’enseignement collégial (FEC-CSQ), Youri Blanchet, des travaux d’urgence, des locaux temporaires, un manque de personnel… On étire l’élastique au maximum, et ce, depuis longtemps. »

« On le dit depuis des mois : les services aux étudiantes et étudiants sont affectés. Quand on rogne sur les heures d’ouverture des bibliothèques et des centres d’aide, quand on coupe dans les services pour celles et ceux qui ont des besoins particuliers, c’est la réussite éducative qui en pâtit. Les “économies” du gouvernement vont finir par coûter cher à la société, à long terme », ajoute le président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), Éric Cyr.

Nos cégeps méritent mieux

Pour la CSQ et ses fédérations du réseau collégial, il est plus que temps de rétablir un financement adéquat pour nos cégeps. Ces constats sont d’ailleurs largement partagés par la population.

Un récent sondage mené par la CSQ révèle que 89 % des personnes répondantes estiment que les compressions et les coupes dans le milieu collégial nuisent à la qualité des services offerts aux étudiantes et étudiants, et 82 % jugent que le gouvernement devrait y mettre fin. Devant l’augmentation du nombre de personnes ayant des besoins particuliers, 87 % souhaitent que le gouvernement embauche davantage de personnel professionnel et de soutien, et 86 % croient qu’il devrait investir plus pour consolider le réseau collégial.

Fait révélateur : près de quatre personnes répondantes sur cinq considèrent que la mobilisation populaire a été déterminante dans le changement de cap du gouvernement Legault concernant les coupes en éducation au primaire et au secondaire. Un signal clair que la pression collective fonctionne, et qu’il est plus que temps d’appliquer la même volonté politique au réseau collégial.