Comment s’accorde l’adjectif qui suit l’expression avoir l’air? Il s’accorde avec le sujet, que ce soit une personne ou une chose, lorsqu’avoir l’air signifie « sembler, paraitre ».

Exemples :

Cette chatte a l’air endormie.
Les tentures ont l’air lourdes.
La caissière a l’air pressée.

Plus rarement, lorsqu’il s’agit d’un être animé, l’adjectif sera accordé avec le mot air, auquel on donne la signification de « mine, aspect, allure », mais cela relève de la langue soutenue et est perçu aujourd’hui comme vieilli. On suggère plutôt, si l’on désire conserver un lien avec le nom air, d’utiliser le déterminant un.

Exemples :

Ta mère a un air soucieux. (de préférence à: Ta mère a l’air soucieux.)
La jument a un air pimpant. (de préférence à : La jument a l’air pimpant.)

Par contre, lorsque le nom air est accompagné d’un complément qui caractérise l’air en question, l’adjectif qui précède ce complément s’accordera avec le nom air.

Exemples :

Cette enfant a l’air sérieux d’une adulte aux prises avec de graves problèmes.
Ma voisine a l’air radieux d’une enfant qui déballe un cadeau.

Saviez-vous que…?

 Le mot erre sert à former une expression d’ici parfois mal écrite : erre d’aller. Ce n’est ni air d’aller ni aire d’aller. Ce nom féminin désigne, dans le domaine maritime, la « vitesse acquise par un bateau lorsqu’il cesse d’être propulsé ». On dira de l’embarcation qu’elle continue sur son erre, avance sur son erre. C’est au Québec qu’on emploie l’expression erre d’aller dans le sens de « élan, lancée » : prendre son erre d’aller, se donner une erre d’aller, perdre son erre d’aller. Dans le reste de la francophonie, on utilise seulement le mot erre pour parler de mouvement : la voiture roule sur l’erre, le nageur se laisse aller sur son erre.