Action féministe
À quand une contraception gratuite au Québec?
11 juin 2026
La contraception est une méthode largement utilisée par les femmes afin de limiter les grossesses non planifiées. Une récente étude de l’Institut de recherche et d’information socioéconomique (IRIS) révèle que les Québécoises utilisent davantage de moyens de contraception que les femmes des autres provinces canadiennes, assumant du même coup la responsabilité de ces moyens et les dépenses qui les accompagnent.
Par Julie Pinel, conseillère CSQ
En 2024, le gouvernement fédéral a mis sur pied un régime d’assurance médicament prévoyant le remboursement de la totalité des dépenses liées à certains moyens de contraception. À ce jour, des ententes ont déjà été conclues avec la Colombie-Britannique, le Manitoba, l’Île-du-Prince-Édouard et le Yukon afin de permettre à leur population de bénéficier de cette gratuité. Au Québec, aucune entente n’est encore survenue. La ministre responsable de la Condition féminine, Martine Biron, affirmait pourtant en 2023 qu’elle avait entamé une réflexion en ce sens.
La récente étude de l’IRIS permettra possiblement de remettre à l’avant-scène cette revendication du mouvement féministe puisqu’elle démontre qu’au-delà des coûts de cette mesure, des avantages importants sont présents.
Des choix différents
Le condom (27,5 %) et la pilule (24,7 %) demeurent les méthodes les plus utilisées au Québec. Or, elles ne figurent pas parmi les moyens les plus efficaces pour prévenir les grossesses non planifiées. Des études montrent que l’instauration de la gratuité de la contraception peut influencer les choix des personnes utilisatrices.
En effet, les méthodes nécessitant un investissement initial plus élevé deviennent plus accessibles et attrayantes lorsqu’elles sont offertes gratuitement. Comme le souligne l’étude de l’IRIS, ces options sont généralement moins chères à long terme et pourraient contribuer à réduire le nombre de grossesses non planifiées.
Des économies à prévoir?
En tenant compte des économies que génèrerait la mise en place d’une telle mesure et de l’incidence qu’elle aurait sur le prix des médicaments, l’IRIS évalue qu’elle s’élèverait à environ 22 millions de dollars annuellement.
« Actuellement, ce sont majoritairement les femmes qui paient les frais individuels des moyens de contraception. Les régimes d’assurances collectives en absorbent également une part importante, soit près de 57 %. L’implantation d’une telle mesure permettrait non seulement la réduction possible du nombre de grossesses non planifiées, mais également une meilleure répartition des coûts liés à la planification des naissances à l’ensemble de la société. Il importe que le gouvernement du Québec fasse de cette demande une priorité », indique la vice-présidente de la CSQ, Nadine Bédard-St-Pierre.
Lisez l’étude de l’IRIS : La contraception gratuite au Québec : calculs des coûts et retombées – Institut de recherche et d’informations socioéconomiques.