Société
Budget fédéral: «Un exercice qui met à l’écart les travailleuses et les travailleurs!»
6 novembre 2026
La CSQ a pris acte du budget du ministre des Finances du Canada, François-Philippe Champagne, et souligne à ce propos qu’il s’agit d’un budget décevant, qui met à l’écart l’apport et la contribution des travailleuses et des travailleurs.
« On connaît maintenant l’approche budgétaire et comptable créative du gouvernement de Mark Carney. Mais globalement, ce qu’on sent, c’est qu’il s’agit d’un exercice conséquent avec les orientations de ce gouvernement, et donc, empreint de choix politiques qui ne tiennent pas compte des travailleuses et des travailleurs… comme s’ils ne faisaient pas partie de l’équation économique. C’est franchement dommage », de réagir à chaud le président de la CSQ, Éric Gingras.
La Centrale est préoccupée par le fait que, depuis un an, la quasi-totalité des ministères ont vu leur budget diminuer ou stagner, à l’exception de celui de la Défense nationale. La cible des investissements dans la défense de 2 % du PIB (fixée par l’OTAN) a non seulement été atteinte pour 2025-2026, mais Ottawa s’est aussi engagé à hausser les sommes investies jusqu’à 5 % du PIB d’ici 2035. Le directeur parlementaire du budget estime que l’engagement de 5 % ajoutera à lui seul 63 G$ au déficit en 2035.
« Or, cet argent doit venir de quelque part. Inévitablement, à plus long terme, on craint que les programmes sociaux et les transferts aux provinces soient affectés. On sait déjà que ce gouvernement parle de dépenses et d’investissements en faisant une distinction arbitraire qui dévalorise les travailleuses et les travailleurs de nos réseaux publics. Comme si leur travail était un coût alors que l’on considère plutôt que c’est un investissement social. D’ailleurs, on pose la question : pourquoi ne parle-t-on jamais en termes de proportion de PIB quand il s’agit de nos réseaux publics, dont celui de l’éducation? Ce serait bien de mettre de l’avant des bases comparatives équivalentes, afin que la population comprenne davantage les implications de ces choix politiques et pour comparer avec ce qui se fait ailleurs. »
On souligne la volonté d’électrification de l’économie, mais, malgré ce que joue le gouvernement et considérant l’urgence climatique, c’est largement insuffisant. Il faut beaucoup plus, et plus rapidement!
La CSQ rappelle d’ailleurs que le Canada a le ratio dette/PIB le plus bas des pays du G7 et que, par conséquent, il devrait y avoir davantage d’investissement en ce qui concerne la crise climatique, l’itinérance, l’assurance médicaments et les transferts vers les provinces.