Société

Pour un accès universel à l’assurance-emploi

28 octobre 2026

Un régime d’assurance-emploi qui exclut une partie des travailleuses et des travailleurs qui y cotisent ne remplit pas sa mission. C’est le message lancé le 27 octobre dernier, à Shawinigan, lors d’un rassemblement organisé par le mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) et le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC), auquel la CSQ a participé. Les organisations réclament un accès plus juste et universel aux prestations.

Par Audrey Parenteau, rédactrice en chef

Tenue dans le cadre de la Semaine nationale des chômeurs et des chômeuses, la mobilisation visait notamment à interpeller le ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne, sur la nécessité de réformer le régime d’assurance-emploi.

Selon les organisations, une personne salariée sur quatre n’a pas accès aux prestations, malgré le fait qu’elle cotise. Les femmes, les jeunes, les personnes nouvellement arrivées au pays ainsi que les travailleuses et les travailleurs occupant des emplois précaires sont particulièrement touchés par les règles actuelles.

Dans un contexte d’incertitude économique marqué par les tensions commerciales avec les États-Unis, les organisations rappellent que l’assurance-emploi doit jouer pleinement son rôle de protection sociale.

Plusieurs membres du Syndicat de l’enseignement de des Vieilles-Forges, du Syndicat de l’enseignement de la Mauricie et du Syndicat des employés de soutien de la Mauricie étaient présents à la mobilisation.

Une réforme durable plutôt que des mesures temporaires

Les organisations demandent notamment au gouvernement fédéral d’instaurer un critère d’admissibilité universel de 420 heures de travail maximum, afin de permettre à davantage de personnes d’obtenir les prestations auxquelles elles devraient avoir droit.

Présent à la manifestation, le vice-président de la CSQ, Pascal Côté, a rappelé que les organisations syndicales réclament depuis plusieurs années des changements visant à élargir l’accès au régime : « Ça fait des années qu’on propose des changements au régime d’assurance-emploi pour le rendre plus accessible et le gouvernement, au lieu de pérenniser ces propositions, nous les sert de façon temporaire. »

Pascal Côté a rappelé que, le 25 août dernier, le gouvernement fédéral a annoncé le maintien ou la prolongation de plusieurs mesures temporaires. Parmi celles-ci figure la suspension du délai de carence, qui permet aux personnes admissibles de recevoir leurs prestations plus rapidement.

Le gouvernement maintient également l’exclusion de certains montants versés à la fin d’un emploi du calcul des prestations d’assurance-emploi, notamment les indemnités de départ et les vacances accumulées. Une autre mesure prévoit que le seul motif de fin d’emploi inscrit sur le relevé d’emploi le plus récent sera pris en compte pour déterminer l’admissibilité. Une personne ayant quitté volontairement un emploi dans le passé ne sera donc plus automatiquement pénalisée si elle perd ensuite un autre emploi involontairement.

Pour Pascal Côté, ces mesures peuvent améliorer l’accès aux prestations et alléger les démarches administratives. Elles ne remplacent toutefois pas la nécessité de rendre le régime durablement plus inclusif.

« Parce qu’au-delà des règles et des programmes, l’assurance-emploi demeure avant tout un filet social de sécurité essentiel pour les personnes et les familles qui traversent une période difficile », a-t-il rappelé.

Par cette mobilisation, le MASSE, le CNC et les autres organisations présentes réitèrent leur demande : que le gouvernement fédéral agisse pour que l’assurance-emploi protège réellement les travailleuses et les travailleurs lorsqu’ils perdent leur emploi.