Syndicalisme

FPEP-CSQ : 40 ans de solidarité syndicale

22 octobre 2026

Depuis 40 ans, la Fédération du personnel de l’enseignement privé (FPEP-CSQ) fait entendre la voix des travailleuses et travailleurs des établissements d’enseignement privés du Québec. Née en 1986 d’une volonté de mieux représenter ces derniers, elle est passée de 1 000 à 4 200 membres, devenant une force syndicale incontournable dans son secteur. Pour sa présidente, Marie‑Josée Dallaire, cet anniversaire témoigne avant tout de la force d’une solidarité bâtie au fil des luttes et de l’engagement collectif. 

Par Audrey Parenteau, rédactrice en chef 

Des racines syndicales bien ancrées 

L’histoire de la FPEP-CSQ s’inscrit dans celle du syndicalisme en éducation au Québec. Au début des années 1970, la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ), devenue depuis la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), crée une section regroupant le personnel enseignant des établissements privés, ainsi que des travailleuses et travailleurs des secteurs de l’éducation et des affaires sociales.

En 1974, cette section devient la Fédération du personnel des établissements privés et des affaires sociales (FPEPAS). Le secteur de l’enseignement privé compte alors 18 syndicats réunissant 633 membres. Dans un contexte social tendu, les mobilisations de rue font partie des moyens utilisés pour exprimer les revendications.

1986 : une fédération prend son envol

Les réalités distinctes vécues par les membres de la FPEPAS conduisent à une scission en 1986. La Fédération du personnel des établissements privés d’enseignement (FPEPE) voit alors le jour. Elle représente quelque 1 000 membres. Francine Lamoureux en devient la première présidente.

La FPEPE connaît une croissance fulgurante. En 1989, elle compte 1 400 membres et occupe le premier rang des regroupements syndicaux du personnel des établissements privés d’enseignement au Québec. En 1998, elle adopte le nom de Fédération du personnel de l’enseignement privé (FPEP-CSQ).

Quatre décennies plus tard, la Fédération rassemble 4 200 membres issus du personnel enseignant, professionnel et de soutien, du préscolaire au collégial.

« L’histoire de la FPEP-CSQ, c’est l’histoire du personnel de l’enseignement privé qui s’est tenu debout et qui se tient debout, encore aujourd’hui », affirme son actuelle présidente, Marie-Josée Dallaire.

Une force collective tournée vers l’avenir

Pour la présidente, cette croissance est d’autant plus remarquable que la syndicalisation dans les établissements privés comporte des défis particuliers. « Du courage, il en faut pour se syndiquer », rappelle-t-elle, évoquant au passage la persévérance nécessaire pour défendre les droits des membres et faire respecter les conventions collectives, parfois dans des milieux où les pressions sont importantes.

La FPEP-CSQ a pu compter sur trois présidences depuis sa fondation : après Francine Lamoureux, qui a dirigé l’organisation de 1986 à 2014, Stéphane Lapointe en a tenu les rênes de 2014 à 2025. Marie-Josée Dallaire a, quant à elle, été élue comme présidente en 2025. Celle-ci souligne également le rôle essentiel des équipes syndicales locales et du personnel de la Fédération dans le développement de l’organisation : « Une fédération comme la nôtre, c’est avant tout une équipe. » Elle rappelle par le fait même que la solidarité au sein de la CSQ et avec les autres fédérations contribue aussi à la force collective.

Des défis à venir

Pour la suite, Marie-Josée Dallaire souhaite que la FPEP-CSQ soit encore plus présente dans le débat public, et mieux connue comme une référence en éducation privée au Québec. Elle insiste sur l’importance de faire connaître les réalités du personnel, souvent méconnues, et de donner à ses membres une plus grande place dans les discussions sur l’avenir de l’éducation.

Et « en éducation, les défis sont nombreux », rappelle l’ancien président et actuel vice‑président de la FPEP-CSQ, Stéphane Lapointe, dans un témoignage vidéo. Il cite notamment le développement de l’intelligence artificielle et les différents enjeux liés au monde du travail.

« Dans les prochaines années, la Fédération va continuer de grandir, de faire valoir son expertise, et de prendre sa place à la CSQ et dans le réseau de l’éducation », a dit, quant à lui, le président de la CSQ, Éric Gingras. « La beauté d’une centrale, ce sont toutes ces choses qui nous rassemblent. La FPEP-CSQ ne fait pas cavalier seul. »

Pour souligner ses 40 ans, la FPEP-CSQ invite le public à découvrir son site Web consacré à son histoire, qui comprend une ligne du temps ainsi que des témoignages vidéo. Le slogan retenu pour cet anniversaire, Grandir en solidarité, résume bien l’ambition de la Fédération. La présidente conclut avec un vœu pour l’avenir : « Pour notre quarantaine, je nous souhaite de continuer de grandir en solidarité. »