Enjeux sociopolitiques, Société

Campagne électorale: «Il est où le projet collectif?»

29 septembre 2026

Alors que la campagne électorale amorce sa dernière ligne droite, la CSQ interpelle l’ensemble des partis politiques, rappelant qu’il aura été somme toute bien peu question d’éducation, d’enseignement supérieur, de petite enfance, de santé et de solidarité sociale au cours des dernières semaines.

Par Maude Messier, conseillère CSQ

« Nous comprenons évidemment que la conjoncture politique avec les États-Unis, la guerre tarifaire et l’économie auront marqué le contexte du déclenchement de la campagne. Ceci étant dit, au fil des semaines, nous constatons qu’il aura été très peu question des services à la population et de nos réseaux publics. Des idées “popcorn” ont surgi de part et d’autre, mais, même après la séquence des débats électoraux, pas de véritable vision d’avenir ni de projet collectif ne se dégagent des discours des partis », déclare le président de la CSQ, Éric Gingras.

La Centrale salue évidemment le fait que des engagements clairs ont été pris en faveur de la tenue d’états généraux en éducation, un incontournable pour celle-ci.

« Mais globalement, nous avons très peu entendu parler de celles et de ceux qui œuvrent dans nos réseaux publics et les soutiennent. Parce qu’il ne faut pas oublier que l’éducation, la petite enfance, la santé, etc., ça touche directement le quotidien des Québécoises et des Québécois. Aujourd’hui, nous interpelons les partis pour que cette dernière semaine de campagne soit le théâtre de propositions porteuses », fait valoir Éric Gingras.

« Nous voulons entendre parler d’une vision sociale, d’un projet collectif, pas de nouvelles salves de compressions. Couper dans les services publics, ce n’est certainement pas la solution pour les améliorer. Demandez donc à celles et ceux qui y travaillent. Ce discours alimente le pessimisme et l’impression que l’état des lieux de nos réseaux est immuable, alors que c’est faux; on peut faire autrement. C’est une question de choix politiques! Mais à l’heure actuelle, disons qu’on ne nous présente pas de quoi rêver mieux. »

L’autre grande absente de la campagne électorale est la violence. « À la CSQ, nous sommes très actifs dans ce dossier parce que c’est un problème majeur aux yeux des travailleuses et des travailleurs qui nous demandent d’agir. Pour nous, il est clair que la violence que subit le personnel à l’intérieur des murs de nos établissements — que ce soit en éducation, en petite enfance, tout comme en santé aussi d’ailleurs — est un enjeu de société bien plus large. C’est une question de santé publique pourtant fondamentale et déterminante quant à l’avenir de notre société et la cohésion du tissu social. Nous joignons donc notre voix à celles qui s’élèvent depuis quelques jours pour déplorer le fait que ce soit le silence radio du côté des personnes candidates. »

Parce que les décisions politiques entraînent des répercussions concrètes sur le quotidien des membres, comme travailleuses et travailleurs, comme citoyennes et citoyens, comme parents, etc., la CSQ s’implique de manière non partisane dans la période précédant les élections provinciales.

« Les organisations syndicales ne sont pas des “bibittes” qui évoluent en vase clos ou encore, en marge de la société. Nous portons la voix des travailleuses et des travailleurs que nous représentons, lesquels sont directement concernés par les orientations politiques du gouvernement, notamment en santé, en éducation, en enseignement supérieur, ou encore du côté de la famille, de la solidarité sociale et des personnes retraitées. Promouvoir et défendre les intérêts économiques, professionnels et sociaux des membres, ça fait partie de notre mission. Ce qui se passe en campagne électorale, ça nous regarde! »