Enseignement supérieur

L’avenir du Québec passe par l’enseignement supérieur

28 septembre 2026

À quelques jours des élections provinciales, la CSQ et ses cinq fédérations de l’enseignement supérieur interpellent les partis politiques : le prochain gouvernement devra cesser de gérer les cégeps, les collèges privés et les universités à courte vue.

Par Éric Lévesque, conseiller CSQ

« Partout dans les réseaux, les mêmes constats s’imposent : le financement est instable, les équipes s’essoufflent, les besoins étudiants augmentent et les transformations technologiques exigent un accompagnement humain renforcé », dit le le président de la Fédération de la recherche et de l’enseignement universitaire du Québec (FREUQ-CSQ), Vincent Beaucher.

Selon les représentantes et représentants syndicaux, les compressions et les efforts budgétaires répétés fragilisent la qualité de la formation, les services aux personnes étudiantes et les conditions de travail. « Des investissements essentiels dans les bâtiments, les équipements pédagogiques et les technologies spécialisées sont sans cesse repoussés, rappelle la vice-présidente de la CSQ. Peu importe qui sera au pouvoir le 5 octobre, les élus doivent s’engager à assurer un financement public stable, prévisible et suffisant, accompagné d’un plan de rattrapage pour la vétusté des immeubles et la mise à niveau des équipements. L’enseignement supérieur ne peut progresser au rythme des cycles d’austérité »

Des équipes complètes, stables et reconnues 

Les organisations constatent quotidiennement la pénurie de personnel technique et de soutien, la diminution du nombre de personnes professionnelles, la précarité contractuelle en enseignement et en recherche, ainsi que l’alourdissement des tâches qui compromettent la continuité des services et la rétention de l’expertise. « Le Québec doit soutenir l’embauche, la stabilité d’emploi et la reconnaissance de tous les personnels. Des conditions de travail durables sont indissociables de la qualité de l’enseignement, de la recherche et de l’accompagnement », affirme le président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), Éric Cyr.

La réussite étudiante soutenue par des services accessibles 

Les cohortes étudiantes sont plus nombreuses et leurs besoins, plus diversifiés. Pourtant, les ressources consacrées à l’aide à la réussite, à l’accompagnement psychosocial et aux différents services d’encadrement ne suivent pas. « Lorsque des postes demeurent vacants ou que des services sont réduits, le personnel absorbe la pression et les personnes étudiantes en subissent directement les effets, constate la présidente de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ), Frédérique-Jade Belzile. Chaque établissement doit pouvoir compter sur un nombre suffisant de personnel de soutien, professionnel et technique afin d’offrir un accompagnement accessible dans toutes les régions. »

Une transition numérique et une attractivité fondée sur l’expertise humaine

La montée de l’intelligence artificielle transforme l’enseignement, l’apprentissage et la recherche. Elle exige des balises éthiques, de la formation et une véritable capacité d’évaluer l’information avec rigueur. « L’accès rapide aux contenus ne remplace ni le jugement professionnel ni la relation pédagogique. Le prochain gouvernement devra financer l’adaptation des pratiques en concertation avec le personnel. Il devra aussi restaurer l’attractivité internationale des réseaux collégial et universitaire québécois, particulièrement en région, mise à mal par les changements aux parcours d’immigration et par les mesures migratoires restrictives mises en place, ce qui entraîne une baisse des inscriptions internationales », souligne le président de la Fédération de l’enseignement collégial (FEC-CSQ), Youri Blanchet.

Au-delà des promesses, des engagements importants

Les cinq fédérations demandent donc à chaque parti de présenter, avant le scrutin, des engagements au regard de ces priorités. Elles réclament également une culture permanente de concertation avec les travailleuses et travailleurs qui connaissent les réalités du terrain et portent quotidiennement les missions d’enseignement, de recherche et de service à la population. « Investir dans l’enseignement supérieur, au public ou au privé, ce n’est pas financer une dépense abstraite. C’est protéger la qualité des formations, soutenir la recherche, renforcer les régions et donner au Québec les moyens de mener à bien les transformations sociales, professionnelles et technologiques des prochaines années », conclut la présidente de la Fédération du personnel de l’enseignement privé (FPEP-CSQ), Marie-Josée Dallaire.