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De la dénonciation à l’action : combattre les racines du racisme

10 juillet 2026

Par le Comité des relations interculturelles de la CSQ (CRI) et Mathilde Ostiguy-Bélanger stagiaire au service de l’action professionnelle et sociale

À travers l’Occident, nous observons une augmentation préoccupante des discours et des actes haineux visant les personnes migrantes et/ou racisées. Alors qu’il a longtemps été perçu comme un phénomène essentiellement numérique, là où les réseaux sociaux favorisent la diffusion rapide de discours racistes et xénophobes avec peu de mécanismes de contrôle, ce phénomène se manifeste désormais de façon de plus en plus visible et décomplexée dans l’espace public et médiatique. Plusieurs événements survenus au Québec au cours des derniers mois en sont la démonstration.

Pensons notamment à l’acte haineux islamophobe commis contre le Centre culturel islamique de la Mauricie, à Trois-Rivières, où à la suite d’une vague de commentaires haineux en ligne, un individu masqué a lancé des pierres sur le lieu de culte, fracassant plusieurs fenêtres. Cet acte d’intimidation constitue une attaque directe contre la communauté musulmane et contre le droit de chacune et chacun de pratiquer sa religion en toute sécurité.

Pensons également à la manifestation raciste organisée à Shawinigan, en mai dernier, par le groupe suprémaciste blanc Second Sons Canada. Plusieurs membres, masqués et vêtus de noir, se sont rassemblés en brandissant une banderole portant le message « Je me souviens d’un Québec blanc ». Ce rassemblement s’inscrit certainement dans une stratégie visant à réécrire l’histoire du Québec et à normaliser les théories complotistes et racistes du « grand remplacement », qui présentent la diversité comme une menace à l’identité québécoise « de souche ».

 

Il va sans dire que le Comité des relations interculturelles (CRI) de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) dénonce sans ambiguïté ces actes. Aucun discours visant à exclure, dénigrer ou menacer des communautés ethnoculturelles ne peut avoir sa place dans une société réellement démocratique. Ces actes contribuent à banaliser, voire à légitimiser, la haine et à fragiliser le sentiment de confiance de nombreuses communautés.

Contrairement à la posture du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), le racisme que nous observons aujourd’hui n’est pas simplement le résultat de quelques individus isolés. Il émerge dans un climat politique où se normalisent des discours parfois hostiles envers les personnes migrantes et racisées. Il ne se limite plus aux actes et aux croyances individuelles, mais est bel et bien ancré dans nos institutions. Le racisme est systémique, qu’on le veuille ou non; il prend racine, parfois non intentionnellement, dans les structures et les façons de faire de nos institutions.

 

Plusieurs événements récents ont rappelé ce caractère systémique, notamment les allégations de gestes racistes et haineux envers des personnes noires, arabes et autochtones par seize policiers du poste de quartier 39, à Montréal-Nord, qui ont mené à son démantèlement. Loin d’être le résultat de comportements isolés de quelques policiers intrinsèquement racistes, cet événement a plutôt révélé l’existence d’une culture institutionnelle discriminatoire, symbolisé par un manque de confiance historique certain entre les communautés culturelles et le corps policier. Ces événements rappellent que la discrimination systémique ne se combat pas par des déclarations creuses, mais par des réformes profondes, une remise en question constante de ses pratiques et une reddition de comptes qui agit directement lorsque ces actes se produisent.

Dans ce contexte, le CRI affirme que l’éducation constitue un outil essentiel pour transformer la société. L’éducation, comprise comme une pratique de liberté, de solidarité, d’inclusion sociale et de justice, est l’un des moyens les plus puissants pour combattre le racisme. Elle doit former une citoyenneté critique, capable de reconnaître et de rejeter les discours de haine, de promouvoir des valeurs de coexistence et de respect, et de garantir que les institutions éducatives soient des espaces sûrs et exempts de discrimination. Éduquer pour inclure, c’est éduquer pour libérer… et cette responsabilité doit être assumée collectivement.

Au CRI, nous demeurons pleinement engagés dans la lutte active contre le racisme, la défense des droits humains et la protection de toutes les communautés. Nous continuerons de travailler avec les organismes communautaires, les syndicats et la société civile pour bâtir un Québec qui ne se contente pas de proclamer l’inclusion, mais qui la réalise concrètement. Un Québec où la justice réelle appartient à toutes et tous, pour de bon.