Les maux de la langue

Après que

9 avril 2026

Vous avez déjà hésité après avoir prononcé « après que »? Rassurez-vous : vous êtes loin d’être la seule personne à le faire! Cette locution, en apparence anodine, réussit pourtant à semer le doute jusque dans les phrases les plus simples.

Par Dominique Brown, réviseure linguistique

Petit clin d’œil linguistique : « après qu’il soit… », ce n’est pas tout à fait ça. Contrairement à ce que l’usage courant laisse entendre, après que se construit toujours avec l’indicatif; jamais avec le subjonctif. Même si la tournure « après qu’il soit parti » revient très souvent, elle est considérée comme fautive en français.

Pourquoi? Parce qu’après exprime un fait accompli, un événement déjà réalisé. Comme c’est quelque chose de certain et de concret, on utilise l’indicatif, le mode du réel.

  • Après que vous êtes arrivés, la réunion a commencé.
  • Après qu’il est parti, nous avons fermé le bureau.
  • Après que tu es revenue, elle a commencé à travailler en équipe.

Si la phrase vous parait étrange à l’oreille, c’est normal : l’usage courant au Québec est souvent le subjonctif, mais la norme écrite exige l’indicatif.

Saviez-vous que…

Cigonicinanik Pokodinan

Les peuples autochtones exploitaient la sève de l’érable bien avant l’arrivée des Européens en Amérique. Sur le territoire des Lacs‑du‑Témiscamingue, on retrouve entre autres le toponyme Cigonicinanik Pokodinan, un nom anichinabé, qui signifie « montagne où l’on prépare le sirop d’érable ». Ce lieu-dit (lieu qui porte un nom particulier indépendant de celui de la commune à laquelle il appartient) témoigne de la longue tradition acéricole transmise par ces communautés depuis des générations.

Quelques petites expressions savoureuses en cette saison : avoir la dent sucréese sucrer le becêtre une « bibitte » à sucre.