Société

Un budget 2026-2027 sans vision et tourné vers le passé

18 mars 2026

« L’ultime budget présenté par le gouvernement Legault semble figé dans le temps. Plutôt que de bonifier son legs en préservant les services publics, le premier ministre s’est employé à justifier son bilan », a résumé Éric Gingras, président de la CSQ, réagissant à la présentation du budget du Québec 2026-2027.

Un budget qui confirme une diminution du financement par élève

Alors que les acteurs du réseau de l’éducation ont uni leur voix dans les dernières semaines, à l’invitation de la CSQ, pour réclamer de la prévisibilité dans le financement de l’éducation, le gouvernement continue de jouer au yoyo budgétaire, a déploré le président de la CSQ. Ce dernier explique que les sommes accordées pour le financement des écoles et des centres ne suffiront pas à maintenir les services. En dollars constants, la part du financement par élève au public connaitra une diminution nette passant de 12 034 $ à 11 841 $ : « On ne peut pas prétendre que les services ne seront pas affectés. On l’a dit et on le redit : le Québec est mûr pour une grande réflexion en éducation qui permettrait de nous donner un cap commun », a exprimé Éric Gingras.

Maintien des coupes dans les cégeps

Le personnel de l’enseignement collégial n’est malheureusement pas au bout de ses peines, se désole le président de la CSQ. Malgré le nombre record de personnes étudiantes qu’accueillent les établissements collégiaux et la nécessité d’injecter de nouvelles ressources dans le réseau, le financement par personne étudiante pour la prochaine année sera inférieur de 1 108 $, soit 6,3 %, de ce qu’il était il y a seulement deux ans.

Aucun nouvel investissement pour les infrastructures en santé et services sociaux

La CSQ constate avec satisfaction que le gouvernement du Québec reconnait enfin l’ampleur du déficit de maintien des actifs dans le secteur de la santé et des services sociaux. La proportion des établissements vétustes passe ainsi de 18 % à 38 %, reflétant davantage les constats de nos membres et de la population. « En se donnant un portrait juste de la situation, le gouvernement se donne les moyens d’agir pour rénover les établissements. À ce propos, on doit se réjouir de voir qu’il accélère la cadence. La décision d’y parvenir en retirant le financement pour de nouvelles infrastructures soulève des doutes importants sur sa capacité à faire face à l’augmentation des besoins de la population », estime M. Gingras.

Une goutte d’eau dans un océan de besoins

La construction de 1000 logements abordables supplémentaires annoncée sur le plan budgétaire demeure largement insuffisante pour mettre fin à la crise du logement que vivent actuellement les ménages québécois. À de multiples reprises dans les dernières années, la CSQ et d’autres partenaires de la société civile ont tenté de sensibiliser le gouvernement à l’importance de miser sur la construction de logements hors marché, tels que les logements sociaux, coopératifs et communautaires. La solution préconisée par le gouvernement ne permettra pas de stabiliser efficacement le marché locatif.

Violence conjugale et sexuelle, un pas dans la bonne direction

Les nombreux féminicides qui secouent le Québec sont une démonstration dramatique qu’il y a urgence d’agir pour contrer les violences. Le bouquet de nouvelles mesures en la matière figure, sans contredit, au rayon des bons coups du budget 2026-2027 malgré l’absence d’une mesure phare réclamée par la CSQ et l’Intersyndicale des femmes : l’ajout de dix jours d’absence rémunérés pour les victimes de violence conjugale à la Loi sur les normes du travail. L’incidence budgétaire d’une telle mesure pour l’État québécois se serait élevée à environ 68 M$ par année, bien en deçà du coût humain et financier de l’inaction sur les violences conjugales.