Les maux de la langue
Faire la pluie et le beau temps
11 mars 2026
En ce mois où la météo change d’humeur toutes les cinq minutes, il est difficile de ne pas en parler. Mais la météo ne sert pas seulement à meubler les conversations : elle inspire aussi une quantité étonnante de métaphores, dont on oublie souvent l’origine météorologique. En voici quelques exemples :
Par Dominique Brown, réviseure linguistique
- « Une tempête d’idées » : on reprend l’image d’un phénomène puissant pour évoquer une grande effervescence intellectuelle;
- « Un climat tendu » : autrefois réservé au temps qu’il fait, on emploie maintenant le mot climat pour parler d’ambiance sociale ou émotionnelle;
- « Une pluie de compliments » : on transforme une averse en symbole d’abondance;
- « Le vent tourne » : comme en météo, on utilise cette expression pour annoncer un changement de cap ou de situation.
Pourquoi utilise-t-on autant d’images liées au temps qu’il fait?
Parce que les phénomènes météorologiques sont universels, faciles à visualiser, et constamment changeants. Ils offrent donc des images simples et vivantes pour parler de transitions, d’émotions ou d’atmosphères : un vrai courant d’air frais pour nos mots.
Saviez-vous que…
Biannuel et bisannuel
L’adjectif biannuel, n’apparait pas dans les dictionnaires. En effet, le préfixe bi- devient bis- (dans le sens de deux fois ou encore) dans certains mots anciens en français, comme bisannuel. On utilisera donc semestriel ou semi-annuel pour parler de quelque chose qui revient deux fois par année, et bisannuel ou biennal pour ce qui revient tous les deux ans.