Enseignement supérieur

Relève scientifique : Québec appelé à investir

11 mars 2026

Le gouvernement du Québec est appelé à augmenter le financement des bourses du Fonds de recherche du Québec (FRQ). Dans une lettre ouverte, des organisations du milieu étudiant, universitaire et syndical affirment que le sous-financement actuel menace la relève scientifique et, par conséquent, la capacité d’innovation de la province. Plus de 1500 étudiantes et étudiants, professeures et professeurs et groupes du milieu de l’enseignement supérieur appuient la démarche.

Par Audrey Parenteau, rédactrice en chef 

Parmi les signataires de la lettre ouverte, on retrouve notamment le président de la Fédération de la recherche et de l’enseignement universitaire du Québec (FREUQ-CSQ), Vincent Beaucher, la présidente de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ), Frédérique-Jade Belzile, la vice-présidente de la CSQ, Nadine Bédard-St-Pierre, ainsi que l’Union des étudiantes et étudiants du Québec (UEQ). Toutes les personnes signataires demandent au gouvernement de revoir à la hausse le montant et le nombre de bourses accordés par le FRQ afin de soutenir la relève scientifique.

Dans leur lettre, elles soulignent que le budget 2025-2026 du gouvernement intitulé Pour un Québec plus fort – Innover pour prospérer reconnaît l’importance d’investir dans l’innovation. Elles dénoncent toutefois le fait que les bourses destinées aux étudiantes et étudiants universitaires n’aient pas bénéficié d’investissements supplémentaires : « Le gouvernement dispose d’une occasion unique de soutenir la recherche, de renforcer la compétitivité en innovation et d’attirer de nouveaux talents […] Notre relève scientifique mérite mieux. »

Des bourses jugées insuffisantes

Actuellement, les bourses du FRQ s’élèvent à 20 000 $ par année à la maîtrise et à 25 000 $ au doctorat. Selon les signataires, ces montants sont insuffisants et se situent sous le seuil d’un revenu viable pour plusieurs étudiantes et étudiants. À cela s’ajoute une baisse marquée de l’octroi des bourses : environ 28 % lors du dernier concours, contre plus de 41 % il y a trois ans.

Cette situation fait en sorte que même des candidatures recommandées par les comités scientifiques ne reçoivent pas de financement, déplorent les organisations. Elles estiment qu’un tel contexte fragilise l’avenir de la recherche au Québec.

Un enjeu pour l’innovation

Les organisations rappellent que la contribution de la population étudiante à la recherche est majeure. Au Québec, les étudiantes et étudiants participeraient à près du tiers des publications scientifiques produites dans la province.

Selon elles, un financement insuffisant de la relève entraîne plusieurs conséquences : « Lorsque la relève scientifique est financée en dessous du seuil de revenu viable, c’est la société tout entière qui en subit les conséquences. La durée des études aux cycles supérieurs s’allonge, le taux d’abandon atteint de près de 50 % dans certaines disciplines au doctorat, et l’innovation au Québec en ressort freinée. En négligeant sa relève, la société perd des scientifiques de talent. Financer la recherche, c’est investir directement dans l’avenir du Québec. »