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Entre nous

24 février 2015

Louise Chabot, présidente de la CSQ

Louise Chabot, présidente de la CSQ

Dans les dernières semaines, j'ai rencontré plusieurs d'entre vous lors de colloques, d'assemblées, de réseaux ou de manifestations. C'est avec une grande fierté que j'ai constaté votre engagement dans diverses luttes que nous menons simultanément, sur plusieurs fronts, pour ne pas perdre ce que nous avons mis des années à bâtir.

Actuellement, tout ce que le gouvernement libéral propose, ce sont des coupes, des compressions et des hausses de tarifs dans les services publics. C'est connu : les mesures d'austérité ne sont pas un levier pour relancer l'économie d'un pays. L'austérité n'est pas un projet de société. Et, nous n'avons surtout pas voté pour ça.

À cela s'ajoute, en trame de fond, son intention à peine voilée de réduire la taille et le rôle de l'État. C'est du moins le message qu'il envoie avec ses réformes sans véritable consultation et dont les objectifs reposent uniquement sur la réduction de la dette. Que ce soit en éducation, en santé ou en petite enfance, on brasse les structures, on fusionne sans vergogne en ignorant les milieux et les régions, on tente d'équilibrer des colonnes de chiffres plutôt que de soutenir une société prospère grâce à son filet social. Malgré les solutions que nous lui proposons constamment, le ministre Leitão refuse de regarder les autres sources de revenus possibles.

Et que fait le gouvernement pour relancer l'économie ? Il appauvrit davantage les femmes ! Il augmente les tarifs des services de garde éducatifs au moyen de modulations pernicieuses ; il sabre dans le financement du Conseil du statut de la femme et dans le programme régional de Chapeau, les filles !. Des mesures touchant directement les femmes !

Pour couronner le tout, les offres qu'il présente aux salariées et salariés du secteur public sont méprisantes et insultantes. Et ce sont encore les femmes qui écopent le plus, puisqu'elles représentent 75 % de la main-d'œuvre gouvernementale. Est-ce pour cela qu'il ne se gêne pas pour faire reculer les conditions de travail du personnel de l'État ?

La négociation des conventions collectives qui s'amorce ne sera pas facile puisqu'elle s'inscrit dans l'idéologie de l'atteinte du déficit zéro en 2015-2016. Les offres patronales le démontrent : le gouvernement veut un meilleur contrôle des coûts de main-d'œuvre, une flexibilité, une mobilité ainsi que plus de souplesse et d'innovation de la part du personnel de l'État.

Que dire du gel salarial proposé pour les deux premières années ? Ça fait des années que les travailleuses et travailleurs du secteur public font leur part. Nous en avons assez du manque de respect à l'égard de notre engagement dans les réseaux de l'éducation et de la santé. Nous refusons de voir doubler notre écart salarial avec les autres salariées et salariés du Québec. Malgré le fait que nous ayons déjà perdu 10 % de notre pouvoir d'achat depuis 1989, le Conseil du trésor voudrait l'amoindrir encore de 7 % sur 5 ans. Il est également hors de question de voir fondre nos retraites sur la base de calculs insidieux.

Nous sommes des gens qui ont à cœur une société + juste et plus égalitaire. C'est pour cela que nous luttons ensemble et solidaires !

Louise Chabot
Présidente