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Martin Cayouette, Conseiller FPSS-CSQ aux communications

La passion au quotidien

11 mars 2016

Danielle Landry est technicienne en service de garde à l’école de l’Horizon-Soleil de Saint-Jérôme.

Danielle Landry est technicienne en service de garde à l’école de l’Horizon-Soleil de Saint-Jérôme.

Un message à l'intercom demande aux enseignantes et enseignants de ne pas envoyer d'élèves au local du service de garde, car Danielle Landry est en entrevue. Elle mentionne que « c'est un vrai tourbillon ici, les élèves viennent chercher des jouets, des ballons, ils viennent me porter des notes. Mon local sert parfois de lieu de réunion ou de travail d'équipe pour les classes, ça bouge, mais c'est comme ça que je veux que ce soit ! ».

Danielle Landry est technicienne en service de garde à l'école de l'Horizon-Soleil de Saint-Jérôme. Elle y travaille depuis l'ouverture du service de garde il y a 21 ans. Il s'agit d'une école de quartier pour la clientèle ordinaire de la maternelle à la 6e année et d'une école régionale à la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord pour des élèves de 4 à 21 ans ayant une déficience intellectuelle moyenne à sévère ainsi que profonde.

Pour occuper ce poste, elle précise qu'il faut avoir la capacité de travailler sur plusieurs dossiers en même temps et celle de s'adapter à plusieurs situations. Il faut aussi être ouvert et savoir jongler avec les imprévus. Elle avoue qu'il y a beaucoup de travail de gestion, mais qu'il est important de maintenir un contact humain avec tout le monde. « Je fais le pont entre les éducatrices, les enfants, les enseignants, le personnel de soutien, les parents, la direction et les spécialistes. Pour arriver à offrir un service de qualité, il faut se parler ! »

Cette complémentarité de tous les intervenants et intervenantes a permis de réaliser, par exemple, un déjeuner pour les enfants et leurs parents d'une rare ampleur : « L'an dernier, nous avons servi 189 déjeuners lors de la semaine des services de garde. » De plus, le partage harmonieux des locaux permet aux élèves de bénéficier des gymnases et de la piscine, tout en ayant accès à la patinoire qui se trouve à proximité. « Des activités, il y en a pour tous les goûts ! », ajoute Danielle Landry.

Une école spéciale, des besoins spéciaux

Parmi les 117 élèves en adaptation scolaire, certains ont des besoins très particuliers qui ne sont pas toujours reconnus. « Selon le ministère de l'Éducation, à 12 ans tu ne peux plus fréquenter un service de garde en milieu scolaire. Par contre, notre réalité c'est qu'on a une clientèle qui a des déficiences motrices ou intellectuelles sévères. Ces élèves doivent être surveillés : on ne peut les laisser aller seuls chez eux. »

« On a donc commencé un projet pilote avec le ministère de l'Éducation en 2004 pour qu'ils bénéficient du service de garde jusqu'à 21 ans. Puisque nous n'avions pas les sommes suffisantes pour combler tous les besoins, nous avons trouvé un organisme du milieu, le Centre du Florès, pour nous suivre dans l'aventure. Avec son aide financière et celle de la commission scolaire, nous offrons le service. Nous pouvons compter sur l'appui et la collaboration du centre de réadaptation Le Bouclier, de l'infirmière de l'école et de tous les intervenants de l'école pour nous épauler au quotidien », ajoute Danielle Landry.

En 2010, c'est devenu un programme qui est chapeauté par le ministère de la Famille. « On doit donc présenter notre projet chaque année, sans savoir si notre initiative sera reconduite. Le montant versé n'est jamais le même. C'est une course au financement », explique-t-elle.

Beaucoup de travail, mais une seule passion vouée à voir les enfants s'accomplir et évoluer dans un milieu stimulant.