Centrale des syndicats du Québec (CSQ) - Nouvelle

Conclusion

14 mars 2017

Loin de la catastrophe annoncée d'une pénurie de main-d'oeuvre généralisée, les prédictions démographiques actuelles et l'analyse sectorielle du marché du travail laissent présager que la situation se stabilisera autour du resserrement de l'offre de travail qu'on connait actuellement.

Loin de la catastrophe annoncée d'une pénurie de main-d'oeuvre généralisée, les prédictions démographiques actuelles et l'analyse sectorielle du marché du travail laissent présager que la situation se stabilisera autour du resserrement de l'offre de travail qu'on connait actuellement. Ce resserrement devrait, si les lois économiques s'appliquaient automatiquement, favoriser une augmentation du prix du travail (salaire et conditions de travail). Inquiet, le patronat a construit un programme politique cohérent qui vise à stimuler l'offre de travail (réduction de l'aide aux sans-emplois, prolongement de la vie active, travailleuses et travailleurs étrangers temporaires, adéquation formation-emploi, mobilité régionale, etc.) afin de résister tant bien que mal à la pression sur les salaires. Du côté syndical, nous devons continuer à résister à ces orientations, particulièrement lorsque les mesures d'incitation au travail prennent des aspects coercitifs ou contraignants, comme dans le cas du report de l'âge de la retraite ou des mesures punitives à l'aide sociale. Par contre, nous devons aussi saisir le contexte de rareté qui nous est favorable pour augmenter nos exigences quant à nos conditions de travail et aux politiques publiques.

Dans nombre de petits pays européens tels que le Danemark et la Suède, les contextes historiques de rareté de main-d'oeuvre ont été l'occasion à la fois de renforcer le pouvoir et les conditions des travailleuses et travailleurs et d'augmenter grandement la productivité de l'économie.